253 millions de dollars, c’est la valeur des fonds dont le Haut-commissariat aux droits de l’Homme a besoin pour faire face à son déficit de financement «grave et chronique». Dans un communiqué, ce démembrement de l’Organisation des Nations-Unies (Onu) explique l’importance de disposer de ce fonds dans la lutte pour le respect des droits de l’Homme dans le monde.
La lutte pour le respect des droits de l’Homme demande des moyens. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Haut-commissariat aux droits de l’Homme a lancé un appel de fonds de 253 millions de dollars. Dans un document rendu public, cette structure de l’Onu informe qu’elle a «plus que jamais besoin de solides partenaires» à ses côtés, car son bureau «accuse un déficit de financement grave et chronique». «Nous devons élargir notre base de soutien financier pour inclure davantage d’Etats membres et encourager la participation d’un éventail plus large de bailleurs de fonds privés», a-t-on déclaré. Ainsi cette année, le Haut-commissariat aux droits de l’Homme «aspire à mobiliser un financement extrabudgétaire à hauteur de 252,9 millions de dollars américains afin de soutenir son programme de travail 2017». Et aussi «l’assistance dans le pays, l’appui aux experts indépendants des droits de l’Homme de l’Onu et au Conseil des droits de l’Homme». Dans son document, le Haut-commissariat aux droits de l’Homme ajoute «qu’un certain nombre de fonds d’affectation spéciale» sont «destinés à soutenir les travaux sur des questions telles que la torture, les formes contemporaines de l’esclavage et les droits des peuples indigènes». «Ce financement extrabudgétaire viendrait compléter le budget ordinaire de 107,56 millions de dollars accordé par l’Onu au Haut-commissariat», a-t-on fait savoir. Justifiant l’importance de répondre à cet appel, le haut-commissaire des Nations-Unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, soutient qu’investir dans «les droits de l’Homme aujourd’hui est un gage de prévention pour l’avenir». Parce que, pour lui, ces fonds permettront de «prévenir l’escalade des violations croissantes et les conséquences dévastatrices des conflits». «Le respect des droits de l’Homme permet de rétablir la stabilité au sein de régions et de pays entiers en promouvant la justice pour tous», a-t-il dit. Poursuivant ses explications, M. Zeid est revenu sur les différents moyens par lesquels le Haut-commissariat contribue à une meilleure protection des droits de chaque individu. Il s’agit entre autres de «la défense des droits de l’Homme, les conseils dispensés en matière législative et constitutionnelle, la formation au profit des autorités de l’Etat et des organisations non gouvernementales, les missions d’enquête et les investigations percutantes qui permettent de jeter les bases de la responsabilité et de faire entendre la voix des victimes de violations des droits humains». Avec le soutien des bailleurs de fonds, M. Zeid estime que «l’escalade des crises mettant en cause les droits de la personne» pourra être empêchée. «Nous pouvons plaider en faveur d’un espace démocratique vaste et ouvert et pour l’impartialité des institutions chargées d’assurer la primauté du droit en tout point du globe. Nous pouvons contribuer à la bonne gouvernance en matière de migration et poursuivre les progrès liés au Programme de développement durable à l’horizon 2030. Nous pouvons repousser les attaques en cours à l’encontre des valeurs et intervenir rapidement afin d’assurer le respect des lois et des principes liés aux droits de l’Homme pour lesquels nous avons tant lutté», a-t-il assuré.
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