EDUCATION – Après avoir créé le Seepss et s’être affiliés à la Cnts-Fc : Les enseignants d’Eps veulent plus de considération

Considérant l’Education physique et sportive (Eps) comme l’un des parents pauvres du secteur de l’éducation, des enseignants qui dispensent cette matière aux apprenants ont mis sur pied le Syndicat des enseignants d’éducation physique et sportive du Sénégal (Seepss), qui est depuis mercredi affilié à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Forces du changement (Cnts/Fc). Améliorer le sort des profs et maîtres d’Eps demeure l’une de leurs priorités.
Le Syndicat des enseignants d’éducation physique et sportive du Sénégal (Seepss) est porté sur les fonts baptismaux à l’issue du congrès constitutif tenu le 25 avril dernier marqué par le contexte du coronavirus. Avec à sa tête son Secrétaire général national, Abdou Dia, ce nouveau syndicat a officialisé son adhésion hier à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Forces du changement (Cnts/Fc) dirigée par Cheikh Diop. «Nous sommes ici réunis à la bourse du travail de la Cnts/ Fc pour informer les autorités de tutelle, les enseignants d’Eps et l’opinion politique de la naissance du Seepss et son affiliation aux côtés du camarade Secrétaire général, Cheikh Diop», a déclaré au cours d’une conférence de presse Abdou Dia, Secrétaire général national du Seepss. Ce dernier explique le choix de s’affilier à la Cnts/Fc en soutenant que Cheikh Diop, son Secrétaire général, est «connu pour son courage et son engagement sans faille aux côtés des travailleurs».
Louant la position «avant-gardiste avérée des luttes de tous secteurs de la Cnts/Fc et décidé à ne laisser leur discipline continuer â être le parent pauvre du secteur éducatif», le Seepss dit être venu dans l’univers syndical pour «prendre en main la résolution progressive de tous problèmes spécifiques des enseignants d’Eps». Pourquoi créer leur syndicat alors que d’autres sont là pour défendre leur cause ? Abdou Dia répond que «l’enseignant dès qu’il est recruté pour donner les enseignements d’Eps (Ndlr : Education physique et sportive) s’affilie dans un syndicat. La particularité de l’Eps fait que les syndicats ne maîtrisent pas la question d’Eps». «Le contexte de la pandémie est venu mettre à nu ce manque. S’il y a des négociations, c’est l’Eps qui est reléguée au second plan», constate le Secrétaire général national du Seeps.
Abdou Dia souligne que l’une des priorités dans la lutte qu’ils mènent pour améliorer leur condition est «la signature du décret sur la table du président (de la République) pour créer ce corps (Ndlr : celui des professeurs d’Education physique et sportive)».
Se targuant d’avoir «l’expertise requise pour avoir été formés à bonne école», les membres du Seeps réclament «l’accessibilité au master de tous les détenteurs de la maîtrise en éducation et motricité et que celui-ci puisse se faire en ligne».
«L‘ouverture d’autres Ufr (Unités de formation et de recherche) en Staps (Sciences techniques des activités physiques et sportives dans les universités», est l’autre revendication des camarades de Abdou Dia, qui demandent aussi «la réouverture du concours des Inspecteurs de spécialité (Is) et des Inspecteurs de l’enseignement moyen et secondaire».
Cheikh Diop, secrétaire de la Cnts/Fc, soutient que l’affiliation du Seepss au sein de son organisation syndicale est accueillie avec «beaucoup de modestie par la Cnts/Fc». Tout en soulignant que l’adhésion «est un engagement» dans la voie tracée par la Cnts/Fc, Cheikh Diop a réaffirmé l’unité du mouvement syndical enseignant.
Invité à s’exprimer sur le cas de leur collègue enseignant d’Eps supposé être «coupable d’actes contre nature sur ses élèves» qui lui a valu son arrestation, Abdou Dia, Secrétaire général de Seepss, se montre solidaire de ce dernier.
Tout en priant pour que son collègue incriminé sorte de cette mauvaise passe, M. Dia se garde de faire un commentaire sur ce dernier. Le syndicaliste fait remarquer que c’est un être humain avec «ses qualités et défauts». Même s’il aurait «fauté», d’après M. Dia, ce ne sont pas les maîtres d’Eps qu’il faudra discréditer. Exerçant la profession depuis 17 ans, Abdou Dia tient à déclarer : «Ce n’est pas la corporation qui est pourrie.»