PARTAGER

Le Pca de l’hôpital Dalal Jamm a démissionné lundi de son poste pour montrer son désaccord sur les orientations prises dans la gestion du centre hospitalier.

Le président du Conseil d’administration de l’hôpital Dalal Jamm a claqué la porte ce lundi. Dans sa lettre de démission adressée au président de la République, Pr Papa Touré détaille les failles de cet établissement hospitalier situé à Golf dont il ne partage plus le mode de fonctionnement : «Le Centre hospitalier national Dalal Jamm, ouvert depuis maintenant cinq années et destiné à être un des fleurons de notre système de santé hospitalière, fonctionne encore comme un centre de santé, car toutes les structures essentielles de son plateau technique ne sont toujours pas fonctionnelles.» Mais le dernier acte posé par le chef de l’Etat a précipité sa décision de quitter son poste. Il dit : «C’est devant une telle situation que nous apprenons votre décision d’accorder à l’hôpital Dalal Jamm une subvention d’un milliard et demi de francs Cfa pour la construction de deux bâtiments destinés à abriter un centre de greffe de moelle et un centre de procréation médicalement assistée». Selon lui, cette décision «ne répond ni aux besoins immédiats de cet hôpital ni à l’urgence qu’impose la pandémie de Covid-19, ni à nos impératifs de santé publique».
Alors que les «structures essentielles» du plateau technique de Dalal Jamm comme les laboratoires, l’imagerie médicale, la réanimation, les blocs opératoires, les services d’urgence, ne sont pas fonctionnelles, le centre hospitalier attendait une subvention de 2 milliards de l’Etat pour lui permettre de carburer à plein régime. Avant le Pca démissionnaire, les syndicalistes ont souvent dénoncé l’état de cet hôpital qu’ils assimilent à un «gros dispensaire», «l’insuffisance de locaux adéquats pour le personnel administratif et l’insuffisance de matériel bureautique dans certains services médicaux», un «déficit criard de personnel». Le Sutsas regrettait que «l’essentiel des activités de la structure tourne autour des consultations spécialisées», en estimant que «la plupart des malades vont vers d’autres structures sanitaires pour y faire des examens complémentaires du fait du fonctionnement irrégulier du laboratoire et de l’imagerie médicale».
Il faut savoir que le gouvernement a procédé le 12 mai dernier à un virement d’1,5 milliard à Dalal Jamm. A travers le Programme de résilience économique et sociale mis en place dans le cadre du Covid-19, l’Etat a prévu 64,4 milliards pour les structures sanitaires afin de renforcer les moyens d’intervention du système de santé, de prévention et de prise en charge, et de traitement des malades du Covid-19. Selon l’ordre de virement, ce montant devrait servir à l’acquisition de matériels biomédicaux et pharmaceutiques.
Centre de traitement des malades du Covid-19, l’hôpital Dalal Jamm a été construit pour être une référence hospitalière dans ce pays. Inauguré le 22 juillet 2016 par le Président Sall, il avait une capacité initiale de 300 lits, extensible à terme à 500 lits, dispose des spécialités médicales et chirurgicales comme des centres de trans­plantation rénale, de traitement du cancer, ainsi qu’un pôle mère/enfant. Les travaux financés par la Badea, l’Ofid, la Bid, le Fsd et l’Etat du Sénégal ont coûté près de 51 milliards F Cfa.

1 COMMENTAIRE

  1. bonjour,
    le pca a bien fait de démissionner pour protester car d’après certains témoignages, aucun malade arrivé sur place n’est pris en charge rapidement comme il le faut. Certains attendent 2 à 3 jours avant de recevoir les soins nécessaires et l’effectif manque. Certains lits et matelas ont disparu.
    4 ans et demi seulement que cet hôpital a été inauguré et il est déjà dans un état lamentable où les conditions d’hygiène laissent à désirer…. Comment cet hôpital, dans un tel état, peut gérer la situation du covid? Ce serait intéressant de voir les statistiques de l’hopital dans la prise en charge et la guérison du covid des cas mis sous oxygène , car des cas de guérison de covid avec paracétamol et vit c ne constituent pas une prise en charge hospitalière et ne devraient pas entrer en compte.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here