Incendies des domiciles de Aïda Mbodj, Waly Bodian et du siège du parti Pastef : Le «gatsa-gatsa» remplace le débat d’idées

Le «gatsa-gatsa» devient, malheureusement, une réalité politique au Sénégal. En effet, après les ministres Serigne Mbaye Thiam, Abdou Larif Coulibaly et Matar Bâ de la mouvance présidentielle, qui ont fait le constat amer de voir leurs biens consumés par le feu d’assaillants, ce dimanche, c’est au tour de responsables de l’opposition d’expérimenter ce supplice. Les maisons de Aïda Mbodj à Sacré Cœur, de Waly Diouf Bodian à la Sicap Foire et le siège du parti Pastef sur la Vdn ont été incendiés. Une situation qui ne «saurait perdurer» et qui est exacerbée par la tension politique que traverse le pays. Le niveau de violence dans l’arène politique est monté d’un cran depuis que Ousmane Sonko, dans le cadre de sa «caravane de la liberté», a été stoppé à Koungheul, «encadré» et acheminé de force par la gendarmerie chez lui, à Dakar.
Me Diagne : Les Fds «ont tiré sur nous une grenade lacrymogène»
A la Cité Keur Gorgui, le «Patriote» en chef est isolé. Avec le barrage que les Forces de l’ordre ont érigé devant sa maison, personne ne peut lui rendre visite. Des parlementaires et ses avocats ont été éconduits. «Pire, c’est au moment où nous avons décidé de partir, qu’ils ont tiré une grenade lacrymogène sur nous. On ne peut vous dire, à ce moment précis, dans quelles conditions se trouve Ousmane Sonko», a informé Me Djiby Diagne hier, lors d’une conférence de presse.
Pour certains membres du parti Pastef, c’est cette situation qui justifie les manifestations. Malick Ndiaye, Secrétaire national chargé de la communication du parti Pastef, «ne comprend pas pourquoi Sonko est en résidence surveillée sans qu’un juge l’ait décidé».
En tout état de cause, Antoine Diome, le ministre de l’Intérieur, est sorti pour rappeler à l’ordre les auteurs de ces troubles. «Dans un pays comme le nôtre, où nous avons une très longue tradition démocratique, les citoyens, que ce soit opposition ou de la majorité, lorsqu’ils ont des prétentions à faire prévaloir ou bien lorsqu’ils estiment qu’ils sont quelque part victimes d’atteinte illégale, ils doivent les porter à l’attention des autorités habilitées», a rappelé le ministre de l’Intérieur.
Revenant sur le blocus de la Cité Keur Gorgui, Antoine Diome a affirmé ceci : «Quand quelqu’un se lève pour appeler de façon récurrente à la violence, pour de façon permanente, demander à ce que des jeunes manifestent massivement. Et sous le prétexte d’un contenu creux, de ce qu’on appelle le droit à la résistance, il est du devoir, et même voire de l’obligation de l’Etat de prendre toutes ses dispositions dans les deux piliers qui fondent le maintien de l’ordre. C’est la prévention et la répression.» Avant d’ajouter que des personnes identifiées dans les incendies des demeures sont, pour certains, arrêtées. «Toutes les personnes qui ont participé à des manifestations, pour l’essentiel, beaucoup d’entre les meneurs ont été appréhendés. Que ce soit à Dakar ou dans les régions», a dit le ministre de l’Intérieur.
Par Malick GAYE – mgaye@lequotidien.sn