Par Abdoulaye KAMARA(Correspondant)

– Paroumba, Linkéring, Pa­kour et Wassadou sont des communes du département de Vélingara qui ont des frontières communes avec soit la Guinée Bissau (Paroumba, Pakour) ou la Guinée Conakry (Wassadou, Linkéring). Elles ont eu le bonheur d’être choisies par le consortium Avfs (Agronomes et vétérinaires sans frontières), Casades (Comité d’appui aux activités de développement socio économiques au Sénégal) et Solthis (Solidarité thérapeutique et initiatives pour la santé) pour abriter le projet «Thiellal» appelé aussi One Health ou encore «Une seule santé». Pendant les 3 prochaines années (2021-2024), le projet en collaboration avec les acteurs à la base des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de l’environnement, les autorités administratives et territoriales vont s’évertuer à faire en sorte qu’il y ait une plus grande prise de conscience communautaire que la santé est à la fois multisectorielle et multi acteurs et à agir en faveur d’une transition vers une agriculture plus écologique et une meilleure santé humaine et animale. Au cours du comité départemental de développement de lancement du projet, tenu lundi à la préfecture de Vélingara, le chef du projet Dr Seydou Badji a informé : «C’est un projet One health qui intervient particulièrement sur l’usage des produits chimiques et des antibiotiques dans la santé animale et humaine ainsi que des pesticides dans l’agriculture. C’est un projet qui intègre les secteurs de la santé humaine, santé animale, un peu l’environnement et  l’agriculture. L’idée c’est d’intégrer l’ensemble des acteurs et des secteurs pour que ensemble la réflexion sot menée sur les problématiques de santé en vue de tendre vers une transition plus écologique et vers une meilleure santé humaine et animale.»
Les acteurs ciblés vont mettre en place un comité de pilotage qui va se charger d’appuyer dans le suivi et la supervision du projet. Il s’agira des collectivités territoriales, les services techniques déconcentrés, les organisations paysannes, le projet et le consortium qui le porte. Avec les bénéficiaires directes, ce comté de pilotage va discuter des problèmes et élaborer un plan d’action à exécuter.
Pour expliquer un aspect de la problématique, Dr Adjaratou Diakhou Ndiaye, secrétaire permanent du Haut conseil de sécurité sanitaire One Health a dit : «Avec la recrudescence des épidémies, on s’est rendu compte que 60% des maladies humaines sont d’origine animale. C’est dire que la santé est globale. On ne peut plus avoir une approche santé spécifique ou sectorielle. Le Covid-19 en est un exemple.»
L’impact de la dégradation de l’environnement sur la santé humaine et animale, surtout relativement à la déforestation et l’utilisation des pesticides (le cotonnier en utilise beaucoup) a été amplement débattu au courant de cette rencontre. De même, l’introduction frauduleuse à travers les frontières terrestres du département de produits pharmaceutiques vétérinaires et humaines. Qui constituent un danger pour la santé humaine et animale.
Pour le choix du département de Vélingara pour le déroulement de ce projet, le chef de projet Seydou Badji a informé : «Le département de Vélingara est limité au nord par la Gambie et au sud par les 2 Guinées. Cette localisation frontalière et la présence du marché international de Diaobé en fait un territoire de forte circulation de population, d’animaux et de produits chimiques et à ce titre lui confère une vulnérabilité particulière en matière de santé.»
Pour rappel, le projet «Thiellal» est financé par l’Agence française de développement (Afd) à hauteur de 1 milliard de francs pour une durée de 3 ans.
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