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Après près de sept mois de chômage, les acteurs et professionnels de la musique n’en peuvent plus. Dans une lettre ouverte adressée au Président Macky Sall, ils égrènent les différents maux qu’ils vivent du fait de l’interdiction des spectacles et de la fermeture des salles.

Depuis mars, aucune note de musique ne s’est élevée dans les salles de spectacle du pays. La situation devient intenable pour les acteurs du spectacle. Ils viennent de lancer un véritable cri du cœur à l’endroit du Président Macky Sall. Dans une lettre ouverte, une large coalition d’organisations regroupant des artistes et professionnels du spectacle a interpellé le Président, en sa qualité de Protecteur des arts, pour trouver une solution à cette situation. Les signataires de cette missives sont des responsables d’organisation professionnelle comme l’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams), Urban culture consulting (Ucc), la Coalition des instrumentistes de musique du Sénégal (Sama instrument), l’Association des managers et agents d’artistes (Amaa), l’Association des techniciens du spectacle et de l’audiovisuel du Sénégal (Atsas), la Coalition interprofessionnelle des producteurs et éditeurs phonographiques (Cipeps) et Africa fête. Selon le président de l’Amaa, Moustapha Goudiaby, le désir est le même. «Nous voulons travailler», explique-t-il au téléphone. Il poursuit : «Imaginez un père de famille qui reste 8 mois sans travailler ! Nombre d’entre nous sont menacés d’expulsion de chez eux. Beaucoup de couples volent en éclats. Les parents d’élèves sont inquiets devant l’imminence de la rentrée des classes et on continue à nous interdire de travailler. Pendant ce temps, les restaurants, les mosquées et autres lieux accueillant du monde ont rouvert. Quel est le problème des musiciens ?»
Dans la lettre adressée au Président, ces professionnels de la musique l’interpellent en ces termes : «Monsieur le président de la République, saviez-vous ( …) que sur les 3 milliards alloués à la culture, 50 % de cette somme étaient destinés à 11 mille 816 artistes et auxiliaires de notre sous-secteur, représentant un appui moyen de 127 mille 148 francs Cfa par personne, après 4 mois d’inactivité, soit l’équivalent d’un cachet moyen de 1 059 francs par jour et par travailleur du spectacle vivant » ? «Si vous ne saviez pas tout ça, permettez-nous de vous dire qu’à ce rythme, le monde des arts amorce une lente agonie et il sera très difficile de nous sauver. En effet, quel que soit le remède, il sera trop tard pour les arts et les artistes», écrivent encore les signataires de la lettre. Pour le président de l’Association des managers d’artistes Moustapha Goudiaby, la situation est tout simplement intenable. «Aujourd’hui, nous rentrons dans notre 8e mois d’inactivité et tous les secteurs d’activités ont repris, sauf nous.» Autre grief que les musiciens ont porté à l’attention du Président, c’est la stigmatisation dont ils se disent victimes. «Quand le Président nous a alloué 3 milliards des fonds Covid-19 pour faire face à la pandémie, beaucoup de gens l’ont très mal vu, en soutenant que nous sommes des amuseurs publics, des gens qui ne sont pas sérieux, qui ne font que chanter et danser. Pourtant, nous faisons tout ce que des gens normaux font dans ce pays», défend M. Goudiaby.

Stigmatisation des musiciens
Depuis que les premiers cas de contamination au Covid-19 ont été annoncés, les autorités ont aussitôt interdit les rassemblements et fermé les lieux de spectacle. Près de sept mois après, la mesure n’est toujours pas levée. Et les musiciens semblent être les plus impactés par cet état de fait. Au point que depuis quelques jours, une campagne est en cours sur les réseaux sociaux pour demander la réouverture des salles de spectacle. Cette lettre ouverte est ainsi un premier pas. Des réflexions sont en cours pour définir un plan d’action global, renseigne M. Goudiaby.

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