Ousmane Sonko a révélé hier avoir fait l’objet d’un «espionnage ordonné» par Macky Sall. Il a indiqué qu’à ce sujet, il y a eu des «incidents» hier entre la police et sa sécurité. Le leader de Pastef ne reconnaît pas la légalité de la Com­mission ad hoc et les conclusions de la plénière d’aujourd’hui. Et par conséquent, il n’entend pas répondre à une éventuelle convocation du juge d’instruction «faible et non indépendant».

«Espionnage» devant son domicile
Ousmane Sonko persiste et signe qu’il est victime d’un «complot ourdi par Macky Sall». Le leader des «patriotes» en veut pour preuve les incidents qu’il a rapportés aux médias pour expliquer son retard au point de presse d’hier. «C’est déplorable que Macky Sall déploie nos Forces de défense et de sécurité, non pas pour la sécurisation du territoire national, mais pour l’espionnage de ses adversaires politiques. Les membres de ma sécurité avaient détecté une camionnette bleue près de ma maison avec deux messieurs qui se permettaient de prendre des photos et des films de ma demeure. Ils ont été interpellés ce matin. Il y a eu un incident entre eux et ma sécurité (…). Nous avons découvert dans la camionnette du matériel électronique et de surveillance qui dépasse l’entendement. Au cours des échauffourées, des objets ont été laissés sur place, que nous avons fait constater par voie d’huissier. La police a déployé un dispositif pour tenter d’arrêter certains des éléments de ma sécurité en exigeant la restitution de certains des éléments», a détaillé Ousmane Sonko.

«Commission ad hoc illégale et plénière illégitime»
Qui a laissé entendre qu’il ne va pas déférer à la convocation de la justice dans l’affaire qui l’oppose à Adji Sarr. Car, il estime qu’il y a des «irrégularités». «Au déclenchement de la procédure, dès lors que l’enquête s’orientait vers le complot, elle a été arrêtée. Si on avait laissé le commandant de la Section de recherches continuer, il aurait exigé le nom du fameux médecin et celui de l’avocat qui sont intervenus cette nuit. Cela aurait précisé la piste du complot. C’est le procureur de la République qui a demandé à la gendarmerie d’interrompre l’enquête. Immédiatement, il a transféré le dossier au juge d’instruction du 8ème cabinet, Mamadou Seck, réputé faible et non indépendant. Et j’assume mes mots», a-t-il ajouté. De toute façon, le député explique que la saisine de l’Assemblée nationale n’a pas respecté la procédure de levée de son immunité parlementaire. «Dans son réquisitoire pour l’ouverture d’une information, le procureur n’a pas osé citer Ousmane Sonko. Le juge d’instruction devait chercher X. c’est le premier acte de son instruction. Il doit ensuite écouter la plaignante, lui demander de confirmer sa plainte et éventuellement d’appeler les témoins et même de convoquer Ousmane Sonko comme témoin. Il n’a rien fait. Le juge a décidé que X est Ousmane Sonko. Il a saisi à nouveau le procureur pour lui demander la levée de l’immunité de Ousmane Sonko. Cette procédure est nulle et non avenue», martèle le leader de Pastef. Sonko déclare ne pas reconnaître la «légalité de la Commission ad hoc et ses recommandations et la plénière illégitime de Benno bokk yaakaar». Et, par conséquent, insiste-t-il, «quel que soit ce qui se passera demain dans leur machin, mon immunité parlementaire demeure intacte». Car, il estime que la Commission ad hoc ne peut pas statuer sans pour autant avoir accès aux éléments du dossier alors que les pouvoirs judiciaire et exécutif les ont avec eux.

Sonko récuse le juge Mamadou Seck
«Mes avocats ont demandé la récusation de Mamadou Seck, ce juge partial du 8ème me cabinet non indépendant du procureur de la République et du gouvernement de Macky Sall. Je demande aux Sénégalais de garder un œil attentif sur le doyen des juges Samba Sall pour toute participation éventuellement dans ce dossier. Tous les coups foireux contre les opposants de Macky Sall passent par ce triangle aux Bermudes judiciaire : Serigne Bassirou Guèye, Samba Sall et Mamadou Seck. Si Macky Sall veut me liquider, il devra se salir les mains au lieu de se cacher derrière ses barbouses de la justice (…) Le 9 février, le procureur reçoit un procès-verbal de la gendarmerie et requiert le juge d’instruction. Le même jour, le procureur saisit l’Avocat général, qui saisit le ministre de la justice et ce dernier saisit le président de l’Assemblée», a-t-il indiqué. Revenant sur le fond du dossier, Ousmane Sonko a apprécié le travail des gendarmes en charge de l’enquête avant de dénoncer «l’immixtion» de la Chancellerie. «Le procès-verbal d’enquête est à décharge pour nous aussi bien les témoignages que le bulletin médical. Le Pv oriente vers la piste du complot puisque l’enquête établit l’intervention active d’un membre de Bby, la coalition de Macky Sall. Rien que le message émanant d’un avocat ayant des liens particuliers avec le ministre de l’Intérieur aurait suffi à établir cela», a-t-il fait savoir.