Dans le cadre de l’audit régional coordonné sur les flux financiers illicites qu’elle a lancé en avril dernier, à Nairobi au Kenya, l’Association africaine des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (Afrosai) a réuni les représentants des équipes dudit audit à Dakar, pour faire le point. Abdoul Madjib Guèye, président de chambre à la Cour des comptes, précise qu’il est «question de partager et de réviser les constatations d’audit avant de projeter les équipes dans la phase de rédaction des rapports nationaux et du rapport régional dont l’équipe en charge sera constituée» au cours de cette rencontre de Dakar.

Le projet d’audit régional, coordonné sur les Ffi, «a pour ambition d’apporter une réponse concertée des Institutions supérieures de contrôle (Isc) africaines pour la formulation des recommandations idoines, destinées à endiguer l’évolution des Ffi sur le continent africain». Aujourd’hui, sept mois après, souligne M. Guèye, «il est heureux de constater que des progrès ont été enregistrés dans la conduite de cet audit. En effet, les rencontres de Nairobi avaient permis aux chefs d’Isc de signer le protocole d’entente, aux équipes d’audit de lancer la planification de l’audit et à la Commission de renforcement des capacités institutionnelles et techniques (Crcit) de mettre en place le comité de coordination». Ce qui est attendu, dit-il, c’est qu’au sortir de cet audit, des recommandations pertinentes soient formulées et mises en œuvre par les Etats, afin de mieux lutter contre le fléau.

Le président Guèye rappelle que la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) a estimé en 2020, les pertes de l’Afrique liées aux flux financiers illicites, à 88 milliards de dollars américains.
Raison pour laquelle le Plan stratégique 2022-2027 de l’Afrosai invite les Isc membres à s’engager «de manière active et efficace, en collaboration avec les parties prenantes-clés aux niveaux national et régional, afin de prévenir et réduire l’impact des Ffi en Afrique».

Ce faisant, l’Afrosai a voulu prendre en charge une problématique mondiale qui intéresse au plus haut point les organisations internationales, à l’instar des Nations unies et de l’Union africaine.

Ainsi, l’objectif 16 des Objectifs de développement durable (Odd) appelle à «la réduction significative des flux financiers illicites, au renforcement du recouvrement, à la restitution des avoirs volés et à la lutte contre toutes les formes de criminalité organisée». Il appelle également à une «réduction substantielle de la corruption et des pots-de-vin sous toutes leurs formes et encourage le développement d’institutions efficaces, responsables et transparentes à tous les niveaux».

Dans la même veine, l’aspiration 7 de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (Ua) appelle le continent à «prendre l’entière responsabilité du financement de son développement» et pour ce faire, il doit «éliminer les sorties de capitaux illicites et promouvoir la participation des organisations de la Société civile pour suivre et ramener toute sortie de capitaux illicites».

Tout ceci témoigne, d’après Abdou Madjib Guèye, de la pertinence des choix de l’Afrosai à travers son plan stratégique et du sujet de l’audit régional coordonné sur les Ffi.
Par Dialigué FAYE – dialigue@lequotidien.sn