L’encens constitue l’une des astuces que la gent féminine utilise souvent en période de froid dans leurs opérations de séduction. Mais les bonnes dames semblent méconnaître les dangers que re­présente ce produit, selon le Professeur Mamadou Ba, pneumologue et pédiatre de son état. Il met en garde contre l’encens et autres produits, causes des maladies respiratoires. «Ces allergènes sont présents dans les domiciles et à l’extérieur de ceux-ci. Certains facteurs externes tels que l’encens, le tabagisme actif et passif, la pollution atmosphérique, les irritants tels que les sprays domestiques, l’humidité, les infections virales et bactériennes peuvent contribuer à l’aggravation des désordres in­flam­matoires chroniques des voies aériennes», prévient le pneumologue et par ailleurs conseiller spécial du Président Macky Sall en matière de santé lors de son exposé sur «Asthme et environnement», décliné hier dans le cadre d’une séance académique organisée au 3 C par l’Académie nationale des sciences techniques du Sénégal (Ansts).
Ayant découvert un traitement «efficace» contre l’asthme, Pr Ba souligne qu’un des volets de la prise en charge de cette maladie «est l’éducation dont le contrôle de l’environnement est une étape importante». «Des mesures efficaces doivent être envisagées à l’intérieur comme à l’extérieur des maisons, mais également la lutte énergétique et contre le changement climatique et ses effets néfastes». «L’utilisation des médicaments antiinflammatoires tels que les corticoïdes inhalés» est reconnue par le professeur Ba, ancien interne des hôpitaux, «comme un moyen efficace du contrôle total de l’asthme». Etant une maladie mortelle, les chiffres avancés par le pneumologue font état de «80% des cas qui commencent à l’âge de 6 ans, au moment où on dénombre 250 mille cas de décès par an dans le monde».
L’autre intervenant est le docteur Francis Klotz. De nationalité française, le Professeur Klotz a abordé le thème «Patient, médecin, machine». Titulaire d’un doctorat en médecine à la Faculté de médecine de Lyon, il a invité les médecins à ne pas «déshumaniser leur métier» en refusant l’avancée technologique qui a conduit à la découverte d’instruments comme la télémédecine, l’échographie, entre autres. «L’hôpital n’est pas une usine de production de soins. Les réflexes de prise en charge, seul l’humanisme peut forger cette sensibilité. Ce n’est pas les cours magistraux et les livres qui les donnent», argumente M. Klotz. «Voilà, en ce début du 21ème siècle, l’homme malade ou supposé l’être, consultant un médecin qui, comme un chevalier, n’est plus accessible, mais protégé derrière une carapace de machines et de nouvelles technologies qui l’isolent du patient, le sécurisant dans son diagnostic et son approche thérapeutique», constate le médecin qui ajoute que «le patient considère le médecin comme une prestation, un service au même titre que celui qu’il obtient du garagiste».
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