Négociation avec de nouveaux fournisseurs pour l’hébergement et la restauration : Les voyagistes privés se projettent sur le Hajj 2026

Les voyagistes privés, réunis au sein du Regroupement national des organisateurs privés pour le Hajj et la Umrah au Sénégal (Renophus), souhaitent dorénavant négocier avec d’autres fournisseurs pour l’hébergement et la restauration des futurs pèlerins.
Ils ont acté cette décision lors d’une Assemblée générale d’évaluation tenue jeudi à l’Institut islamique de Dakar. «Après les dysfonctionnements, les manquements des différents fournisseurs de services choisis ces dernières années, la mauvaise qualité de la restauration et l’étroitesse des tentes, les organisateurs privés exigent de se tourner vers d’autres fournisseurs qui ont fait leurs preuves, à l’image de ceux du Maghreb et du Niger dont les échos sont largement positifs», a déclaré Cheikh Bamba Dioum, premier vice-président du Renophus. Il a précisé que ces services étaient assurés «jusqu’ici» par des partenaires saoudiens.
L’association avait convié ses membres à cette rencontre pour réfléchir sur les réformes du Hajj et évaluer l’édition de 2025. Concernant cette évaluation, M. Dioum a déploré l’incapacité d’Air Sénégal à convoyer la totalité du quota. «Air Sénégal ayant démontré son incapacité à convoyer la totalité du quota, même en collaboration avec d’autres, ne devrait assurer au maximum que 50% du quota», a-t-il souligné. Selon lui, le reste devrait être attribué aux compagnies régulières, à défaut d’un appel d’offres «à l’image de ce qui se pratique dans les pays voisins». «Il est important de rappeler que lors de la dernière édition du Hajj, la qualité du service à bord a été déplorée dans beaucoup de vols, ainsi que la surcharge des appareils qui impacte la sécurité», a regretté Cheikh Bamba Dioum.
Air Sénégal a promis de «faire son possible» pour que les pèlerins passent un voyage «paisible» et qu’il n’y ait pas de manquement pour le Hajj 2026. «Concernant le transport des pèlerins et de leurs bagages, Air Sénégal va prendre toutes les dispositions nécessaires et faire le maximum pour qu’il n’y ait plus de retard de vol», a assuré Hanne Samba Sall, président du Comité du Hajj de la compagnie nationale.
Les organisateurs privés ont également demandé à la Banque islamique du Sénégal, leur «partenaire stratégique», de rallonger le délai de paiement des préfinancements, de baisser le taux d’intérêt pour le préfinancement, de revoir en baisse le taux du riyal appliqué et de réduire les frais de transfert de fonds en Arabie saoudite.
L’association s’est aussi prononcée sur des réformes concernant les prochaines éditions du pèlerinage à La Mecque. «La Délégation générale au pèlerinage a reçu de la part des autorités saoudiennes, une lettre l’invitant à autoriser aux privés l’option du Hajj direct ou, à défaut, la fusion avec la tutelle», selon le premier vice-président du Renophus.
Il a expliqué que le Hajj direct consiste à permettre aux regroupements de plus de 2000 pèlerins d’être autonomes et de contracter directement avec les partenaires saoudiens dans tout le processus de l’organisation du Hajj. Quant à la fusion, elle consiste, pour les privés, à intégrer leur quota de 11 000 pèlerins à celui de la Délégation générale qui se chargera de piloter seule l’intégralité des 12 860 pèlerins représentant le quota alloué au Sénégal. «Comme le proposent les autorités saoudiennes, le Hajj direct est une promotion des acteurs du privé leur permettant d’avoir une autonomie totale dans tout le processus de l’organisation du Hajj. C’est pour ces raisons que le Comité directeur du Renophus recommande vivement cette option, qui est une opportunité d’aller vers la privatisation tant souhaitée», a soutenu Cheikh Bamba Dioum.
La Délégation générale au pèlerinage, présente à cette rencontre, a renouvelé son soutien au Renophus et a insisté sur l’accompagnement des organisateurs privés. «Nous avons l’obligation d’écouter le privé pour parfaire et améliorer les conditions des pèlerins dans les futures éditions du Hajj, et nous sommes là pour recueillir les manquements du Hajj 2025», a souligné Mohamed Mansour Ndiaye, représentant la Délégation générale au pèlerinage. Il a rappelé que les inscriptions pour le Hajj 2026 ont débuté officiellement depuis le 25 juillet dernier.
APS