Au Niger, près de 7,5 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes hier pour le second tour de l’élection présidentielle qui oppose le candidat du parti au pouvoir, Mohamed Bazoum, à l’opposant et ancien Président Mahamane Ousmane.

La journée électorale au Niger a été marquée par la mort de sept membres de la Commission électorale, tués dans l’explosion sur une mine de leur véhicule. Trois autres personnes ont été gravement blessées. Le drame s’est produit hier matin dans la commune rurale de Dargol, dans la région des «trois frontières», non loin du Gourma burkinabè, selon le site Rfi.fr. Plusieurs villages de cette zone n’ont donc pas pu voter.
Un autre incident s’est produit dans un village de la préfecture de Bankilaré, dans la même zone des «trois frontières». Des hommes armés à moto ont enlevé un véhicule 4×4 et saccagé deux bureaux de vote. Ils ont dépouillé ses membres avant de les libérer.

Une journée de vote dans le calme
Dans le reste du pays, la journée de vote a eu lieu sans incident majeur, comme à Niamey, la capitale. Si les électeurs ont afflué à l’ouverture de plusieurs bureaux de vote, ce n’était pas le cas à la mi-journée à l’école C.E.G. VI de Niamey. Quelques personnes entraient et sortaient au compte-gouttes des bureaux de cette école. Des membres des forces de sécurité étaient visibles.
Un membre du bureau numéro 7, qui compte plus de 400 inscrits, a expliqué aux journalistes de Rfi qu’il y a eu peu d’affluence par rapport au premier tour dans ce bureau. Il y a parfois eu quelques minutes de retard à l’ouverture des bureaux prévue à 8h, juste le temps de finaliser les tout derniers préparatifs.

Le Président Mahamadou Issoufou a voté
En milieu de matinée, le chef de l’Etat sortant est allé mettre son bulletin dans l’urne. «C’est un grand jour», a déclaré à sa sortie du bureau de vote Mahamadou Issoufou devant la presse, tout en soulignant que le Niger est confronté à de nombreux défis qui nécessitent, pour pouvoir les relever, des institutions démocratiques fortes. Le Président nigérien n’est pas candidat à sa propre succession. Il passe la main après ses deux mandats, comme le prévoit la Constitution du Niger.
Le candidat du Pnds au pouvoir, Mohamed Bazoum, a lui voté hier dans la matinée, après M. Issoufou, dans le même bureau de vote de Niamey. Le candidat du Rdr, Mahamane Ousmane, était dans son fief, à Zinder.
rfi.fr

Respect des règles de transition démocratiques, renforcement des institutions… : L’Aja demande aux Africains de s’inspirer de l’exemple nigérien

L’Association des juristes africains (Aja) s’est félicitée «du bon déroulement du processus électoral» qui vient de prendre fin au Niger. Dans un communiqué, les membres de cette association ont salué «la maturité du Peuple et le respect des règles de transition démocratiques par le pouvoir pour aboutir à une transition politique». Le document de l’Aja se réjouit aussi de l’attitude du Prési­dent sortant Maha­ma­dou Issoufou qui, «depuis dix ans, a essayé d’assurer la sécurité des Nigériens, de renforcer les institutions démocratiques et d’éviter un troisième mandat». Selon les auteurs du document, le Président Issoufou a respecté cette «promesse faite au Peuple nigérien» ainsi que «les droits de l’opposition dans tout le processus». Toutefois, «l’Asso­­ciation des juristes africains reste quand même vigilante quant au processus électoral en cours au Niger».
Par ailleurs, soucieuse du respect de la Constitution, des lois électorales ainsi que des principes fondamentaux de l’Etat de droit, l’Aja «demande aux autres pays africains de s’inspirer de cet exemple nigérien». Selon cette organisation, il s’agit non seulement de respecter et faire respecter les droits des opposants politiques, mais aussi «des minorités souvent menacées d’emprisonnement ou d’exil». Dans la même veine, elle demande aussi d’améliorer «le fonctionnement des institutions républicaines et en particulier de la justice qui est la ‘’colonne vertébrale’’ de la démocratie et de l’Etat de droit». Dans son communiqué, cette association a tenu à rappeler «le respect de la souveraineté et l’autodétermination des Peuples et l’organisation d’élections libres et transparentes sous le contrôle de la communauté internationale, notamment de la Cedeao et de l’Union africaine».