Depuis plusieurs années, la mise à jour du Registre national unique, initié en 2013, constitue un enjeu majeur pour les décideurs publics dans leur volonté de soutenir les ménages pauvres ou vulnérables. Par Justin GOMIS –

En Conseil des ministres, le Président Faye a «insisté sur la nécessité d’améliorer la qualité de vie des citoyens, notamment par la mise en place de filets sociaux, le renforcement de fonds de solidarité nationale, la restructuration de programmes sociaux et l’actualisation du Registre national unique, afin de cibler avec précision les ménages vulnérables».

Il a touché hier un point sensible : la mise à jour du Registre national unique, qui continue à être étendu, signe de la vulnérabilité des ménages. Initié en 2013, il comptait dans sa base de données plus de de 442 mille 053 ménages en 2019, représentant à l’époque 30% des ménages du pays.

Puis, il a été étendu à 541 mille 192 en 2021. Puis en novembre 2023, l’option de l’étendre à 1 million de ménages, après la présentation d’une étude sur l’indice de connexion des ménages à l’économie, réalisée par le Bos. Bien sûr, il y a toujours un fil ténu entre les personnes pauvres et vulnérables, car ces dernières peuvent basculer dans la pauvreté au moindre choc.

Nouveau pacte social avant le 1er mai
Ce processus devait être réalisé à la suite d’un ciblage communautaire suivi d’une enquête en harmonisant les critères de ciblage de la vulnérabilité. A l’époque, cette étude révélait que près de 22,3 % des ménages sont en deçà du seuil de vulnérabilité qui est fixé à 0,28, selon le calcul de l’indice de connexion des ménages à l’économie, notamment les régions de Tambacounda, Sédhiou, Kolda et Kédougou où sont concentrés les niveaux de connexion très faibles aux infrastructures sociaux de base et ont des indicateurs de pauvreté assez élevés.

C’est à travers le Rnu que des cash transferts ont été effectués, l’appui aux personnes impactées par les chocs du Covid-19 a été effectué dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de résilience économique et sociale (Pres) et le choix des bénéficiaires des bourses de sécurité familiale. Jusqu’ici, les 400 mille attributaires de cette allocation ne sont pas payés depuis plusieurs mois.
Il faut savoir que toutes les données du Rnu sont collectées à partir d’un questionnaire unifié qui prend en compte l’ensemble des privations socio-économiques et la vulnérabilité des ménages.

En Conseil des ministres, le chef de l’Etat a aussi fait le point sur la pacification et la stabilisation du climat social, qui connait un début d’ébullition avec l’annonce par certains syndicats de dépôt de préavis de grève. Diomaye Faye a annoncé «un nouveau pacte social», qui «sera conclu avec les centrales syndicales et les organisations d’employeurs avant le 1er mai».
justin@lequotidien.sn