Pikine/Guédiawaye – Grève des boutiquiers : Le calvaire des populations

Avec la grève des boutiquiers, les activités des ménagères ont été plombées, ainsi que le business du petit-déjeuner et du dîner. Ils protestent contre la grille tarifaire mise en place après les concertations sur la cherté de la vie.Par Abdou Latif MANSARAY –
La baisse des prix des denrées n’est pas toujours effective en banlieue dakaroise. Malgré la tournée du ministre du Commerce, de la consommation et des Pme, Abdou Karim Fofana, et les menaces des autorités, des boutiquiers de la banlieue restent sur leur ferme décision : ils ne vont pas baisser les prix. Ce jeudi et vendredi, la plupart d’entre eux ont décidé de fermer boutique pour pousser l’Etat à revoir ses tarifs. Cette grève a impacté les populations, qui étaient à la porte de commerces ouverts pour acheter le petit déjeuner. Pis, le sucre s’est fait rare au niveau des boutiquiers, qui le stockent, préférant le vendre à des prix non indiqués. De Pikine comme à Guédiawaye, c’est le même calvaire pour les populations. «On ne comprend rien, ils ont décidé de fermer. C’est le calvaire», se désole une mère de famille, rencontrée au «tournal» Serigne Assane de Guédiawaye. Elle est à la recherche de lait et de sucre. Sans succès !
A Pikine, beaucoup de femmes, qui ont des étals de vente de petit-déjeuner, sont obligés de procéder à un arrêt de leur activité. «Pas de sucre ni de lait en poudre. Ils ont tout planqué sans aucune explication. Et pourtant, ils en disposent dans leurs boutiques. Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités. C’est comme si on nous prenait en otage», regrette Mme Awa Ndiaye, vendeuse de petit déjeuner sur la voie publique, au niveau de la route d’Icotaf.
Il faut noter que cette grève touche aussi les vendeuses de «fondé» (la bouillie) à cause de la disparition des rayons du sucre. Or, dans la banlieue, c’est un business florissant. Depuis deux jours, certaines femmes ont dû geler leurs activités. «Jusqu’à présent, il y a des boutiquiers qui vendent le prix du kg à 700 francs. Maintenant le quart est vendu à 150 francs. Ils l’ont éliminé pour revendre un sachet à 100 francs. C’est très compliqué ici à Golf Sud», renseigne Adourahmane Thiam, qui habite dans cette localité.
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