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Mouhamadou Faye, directeur des Elections de Ldr/Yeesal, parti dirigé par Modou Diagne Fada, coordonnateur département de Dakar de LDR/Yeesal s’exprime sur le phénomène des inondations qui a refait surface à la suite des fortes pluies qui se sont abattues sur le Sénégal. Il estime normal que le président de la République demande une évaluation des 750 milliards de francs Cfa injectés pour régler le problème. De plus, Mouhamadou Faye n’a pas manqué de parler du statut de l’opposition qui a occupé les participants au dialogue politique.

Comment analysez le phénomène des inondations qui a refait surface, avec les fortes pluies du week-end qui ont submergé la quasi-totalité des localités au Sénégal ?
Je tiens d’abord, à la suite du président de la République Macky Sall et du président de notre parti Ldr/Yeesal Modou Diagne Fada, à exprimer toute notre compassion et notre solidarité aux populations éprouvées par cette forte pluie qui s’est abattue un peu partout sur l’étendue du territoire. Ensuite il faut rappeler que des efforts considérables ont été faits par l’Etat sénégalais pour lutter contre ce phénomène depuis des années. Le Président Sall, dès son arrivée en 2012, a été très sensible à cette situation et a mis en place le Programme décennal de lutte contre les inondations avec des investissements de l’ordre de 750 milliards FCfa. C’est dans ce cadre que beaucoup de localités sont sorties des inondations et c’est à saluer. Souve­nons-nous entre autres des inondations de Kaffrine, Dalifort, Yoff, où l’hôpital Philippe Maguilène Senghor était jadis sous les eaux. Reconnaissons alors que beaucoup d’efforts ont été faits, suivis de résultats probants. En outre les inondations touchent presque tous les pays du monde. Ce phénomène planétaire est dû à la fois à des facteurs climatiques et humains avec l’occupation anarchique de l’espace, l’édification de bâtisses dans des zones non appropriées ou non aedificandi comme on dit entre autres.

Peut-on dire que ces efforts n’ont servi à rien dans la mesure où le Président Macky Sall exige qu’on lui fasse une évaluation de l’utilisation des 750 milliards des francs qui pourtant étaient destinés à résoudre le problème des inondations ?
C’est pourquoi d’ailleurs, le Président Macky Sall a raison de demander une évaluation du plan décennal, qui du reste est un acte de gestion nécessaire quand on fait des dépenses de cette nature pour pallier les difficultés rencontrées par les populations. Donc, inutile de faire un mauvais procès au régime, qui je pense a été alerte et proactif sur cette question. Il faut peut-être le rappeler, le plan décennal a été lancé en 2013, maintenant, il faut juste l’évaluer et revoir les pistes d’amélioration pour qu’enfin des décisions fermes soient prises pour le règlement définitif de ce problème.

Quelles solutions préconisez-vous pour que pareille situation ne se reproduise ?
Il me semble que les études sont déjà menées et des plans élaborés. Il faut se hâter dès lors dans la mise en œuvre de ces plans, leur suivi et l’évaluation des activités à mener. C’est ce qui est en train d’être fait. Maintenant au regard des urgences certainement, des mesures hardies devraient être prises qui peuvent aller du déplacement des personnes sinistrées, de l’édification de nouvelles zones d’habitation, la création de nouveaux bassins de rétention destinés à d’autres activités créatrices d’emplois et de revenus dans ces zones inondables. Pour parer au plus pressé, des voies d’évacuation des eaux devraient être érigées rapidement pour soulager les populations résidant actuellement dans les eaux. Dans cette politique globale, les collectivités locales aussi devraient jouer leur rôle avec le curage des canaux post et pré hivernal, le désensablement entre autres. Donc, il faut une synergie de tous les acteurs pour mettre en œuvre les plans élaborés tant au niveau local que national. Le plan Orsec déclenché par le chef de l’Etat sera certainement d’un apport considérable.

Sur le plan politique, êtes-vous d’avis que le chef de l’opposition doit être incarné par Idrissa Seck ?
La tournure qu’a prise ce débat est en train de biaiser le véritable enjeu lié à l’organisation des partis politiques pour le renforcement de la démocratie sénégalaise. La Constitution de 2016 prévoit un statut de l’opposition qui tourne autour de la désignation de son chef, du financement des partis politiques entre autres. Il s’agit alors de définir les critères de désignation de ce chef, d’octroi de financement aux partis. Pour ce qui est du chef de l’opposition, il est nécessaire de rappeler que le Sénégal est sous le magistère d’un régime présidentiel. Donc le critère qui veut que le second arrivé à l’Election présidentielle soit chef de l’opposition est valable. Auquel cas, le choix annoncé sur Idrissa Seck nous paraît logique et justifié. Encore faut-il comprendre que le choix de telle ou telle autre personne ne viendra pas ex nihilo mais d’un consensus fort issu des discussions entre acteurs. C’est ce qui se passe actuellement, avec le dialogue politique en cours. Sur un autre registre, l’opposition parlementaire n’est pas stable compte tenu du mode d’élection fait avec des coalitions qui ne résistent pas souvent aux aléas du champ politique. C’est pourquoi l’option la plus partagée reste le critère basé sur l’élection présidentielle. Par contre, le financement des partis peut être basé sur le nombre d’élus (députés, élus locaux). Cela permettra un regroupement plus cohérent de certaines formations politiques et la mise en œuvre stricte de la législation sur le fonctionnement des partis. Tout cet arsenal devra nous permettre de garantir une démocratie participative avec les forces politiques autant du pouvoir que dans l’opposition, progressistes et avant-gardistes de barrer la route à cette cohorte anarchiste dont la seule ambition est de bafouer les valeurs et fondamentaux qui cimentent la Nation sénégalaise.

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