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Pr Pape Demba Sy.

Il est encore prématuré de parler d’un 3ème mandat de Macky Sall. C’est la réaction de Pr Pape Demba Sy qui a son avis sur la question, mais qui attend d’abord que le chef de l’Etat se prononce. Le leader de l’Udf/Mboolo mi, membre de la majorité présidentielle, y voit de la «diversion».

C’est un autre juriste qui était au «Grand jury» de la Rfm hier. Pr Pape Demba Sy était, lui, plus attendu sur le débat autour d’un troisième mandat de Macky Sall. Mais l’universitaire, doublé bien sûr d’homme politique, a préféré renvoyer sa réponse à plus tard. «Pour moi, c’est une diversion à l’heure actuelle. Je ne veux pas être manipulé. Quels sont les objectifs qui sont visés par ceux qui soulèvent cette question ? J’ai une position, mais je ne me prononcerai que lorsque le Président se sera prononcé. Si je dis quelque chose, ça va avoir un impact. Et n’importe quel Tartempion va se lever et dire non je ne suis pas d’accord alors qu’il n’en sait absolument rien du tout. Dans notre profession, il y a une hiérarchie, il y a des gens qui ont l’autorité de dire un certain nombre de choses. Et lorsqu’ils le disent, ce problème peut être réglé», a-t-il déclaré. Le leader de l’Udf/Mboolo mi, membre de la mouvance présidentielle, ad­met que c’est un «problème politico-juridique ou juridico-politique». Mais techniquement, sur les dispositions transitoires, il rappelle que «lorsqu’on change de Cons­titution (comme en 2000), on prévoit des dispositions transitoires parce qu’on passe d’un ordre juridique déterminé à un autre». Alors que «lorsqu’on change la Constitution (comme en 2016), on est dans le même ordre juridique, et donc on n’a pas besoin de dispositions transitoires».

«La Constitution confère au Président des pouvoirs exceptionnels»
Pape Demba Sy ne dit pas plus que ce qu’a dit Me Doudou Ndoye sur le projet de loi sur l’Etat d’urgence. A ceux qui soutiennent que Macky Sall veut prendre tous les pouvoirs, le spécialiste du droit public a fait un rappel : «Dans notre Constitution, il y a également un texte qui est encore plus concentrationnaire : c’est l’utilisation par le président de la République de ses pouvoirs exceptionnels. On dit que lorsque la Nation est en danger, tous les pouvoirs reviennent au président de la République qui informe simplement le président de l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel, et prend ses mesures dans tous les domaines. Et ce régime-là existe, même si on ne l’a jamais appliqué.» Il souligne que cette situation est «simplement ponctuelle» parce qu’il s’agit de «régler une crise sanitaire». En revanche, le juriste admet que dans nos pays, ces situations doivent être encadrées par des «garde-fous» et par le «contrôle citoyen». Il invite à «savoir raison garder», mais estime que techniquement on aurait pu adopter un autre texte. «Personnellement, j’adopterais une loi différente ou un état particulier et qui concerne les cas de calamité naturelle et sanitaire», a plaidé le Professeur de droit à l’Université Cheikh Anta Diop.

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