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FILE - In this Saturday, July 20, 2019, file photo, Russian opposition leader Alexei Navalny attends a protest in Moscow, Russia. Navalny remained hospitalized for a second day on Monday, July 29, 2019, after his physician said he may have been poisoned. Details about Navalny's condition were scarce after Navalny was rushed to a hospital Sunday from a detention facility where he was serving a 30-day sentence for calling an unsanctioned protest. (AP Photo/Pavel Golovkin, File)

Le principal opposant russe Alexeï Navalny a appelé lundi ses partisans à descendre «dans la rue» contre le pouvoir, après son incarcération jusqu’au 15 février au moins, et au lendemain de son arrestation controversée. «N’ayez peur de rien, descendez dans la rue ! Pas pour moi, mais pour vous-mêmes et pour votre avenir», a lancé M. Navalny dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
«Ne vous taisez pas, résistez», a-t-il ajouté depuis un commissariat transformé en salle d’audience. Son bras droit, Léonid Volkov, a immédiatement annoncé l’organisation «de grandes manifestations» en Russie le 23 janvier.
L’appel intervient alors que le camp de l’opposant préparait une campagne active en vue des Législatives de septembre, sur fond d’érosion de la popularité du parti du Kremlin, Russie unie.
Charismatique militant anti-corruption, M. Navalny, 44 ans, accuse le Président Vladimir Poutine d’avoir ordonné son assassinat au neurotoxique Novitchok en août, ce que la Russie nie.
Après avoir survécu à cet empoisonnement présumé, l’opposant a été soigné cinq mois en Allemagne. Dimanche, il est revenu à Moscou, mais a été interpellé dès son arrivée, le service pénitentiaire (Fsin) lui reprochant d’avoir violé les conditions d’un contrôle judiciaire en allant se faire soigner à l’étranger. Lundi soir, ses avocats ont indiqué que l’audience pour cette infraction avait été fixée au 2 février.
Dans l’attente de ce jugement, l’opposant a été placé en détention pour 30 jours, lors d’une audience improvisée au commissariat de Khimki, banlieue moscovite, où il avait passé la nuit. Plusieurs de ses partisans l’attendaient dehors par -20°C, scandant «liberté», avant qu’il ne soit conduit dans une prison de la capitale, selon ses proches.
Selon l’Ong spécialisée Ovd-Info, près d’une cinquantaine de personnes ont par ailleurs été arrêtées lors d’un rassemblement de soutien à Saint-Pétersbourg. «C’est juste une honte, on nous interdit de dire ce qu’on pense et qui on soutient», a dit à l’Afp Natalia Semionova, 50 ans, lors de cette action.
Plus tôt dans la journée, Alexeï Navalny avait dénoncé une «parodie de justice» organisée dans «l’illégalité la plus totale». «Pépé, dans son bunker, a tellement peur. Qu’on déchire et qu’on jette le Code de procédure pénale à la poubelle», a-t-il ajouté, en référence à Vladimir Poutine et au fait qu’un Tribunal siège dans un commissariat.

«Arbitraire»
L’arrestation a suscité un concert de condamnations en Europe et aux Etats-Unis. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à sa libération «immédiate», tout comme la chancellerie allemande qui a dénoncé une arrestation «arbitraire».
La France, la Pologne et le Royaume Uni avaient fait de même, tout comme la future Administration du Président élu américain Joe Biden, le chef de la diplomatie de Donald Trump, et le Haut-commissariat de l’Onu aux droits de l’Homme.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a répliqué en affirmant que les Occidentaux s’en prenaient à la Russie pour «détourner l’attention de la profonde crise qui mine le modèle de développement libéral». Selon lui, dans l’affaire Navalny, il s’agit seulement «de faire respecter la loi russe».
Le Point

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