Santé de la reproduction des adolescents : Le rôle-clé des journalistes

Des journalistes ont été formés pour une meilleure couverture de la santé des adolescents et sur les violences basées sur le genre.
Un atelier de formation pour les journalistes se tient, depuis hier à Dakar, pour renforcer la couverture médiatique sur la Santé de la reproduction des adolescents (Sra) et les Violences basées sur le genre (Vbg). L’initiative, qui s’inscrit dans le cadre du programme «Ados» (2020-2025), vise à doter les professionnels des médias d’outils nécessaires pour une meilleure sensibilisation.
L’atelier est organisé en partenariat avec le Centre de recherches pour le développement international (Crdi) et l’Association des journalistes en santé, population et développement (Ajspd).
Le programme «Ados», financé par Affaires mondiales Canada et le Crdi, a pour but d’améliorer la Sra et de lutter contre les Vbg au Sénégal en générant des données probantes. Selon Francine Sinzinkayo, spécialiste de programme principal au Crdi, l’objectif est de combler le manque de données sur les liens entre ces deux problématiques. «Le projet vise vraiment à répondre à ce manque d’informations. Nous nous attendons à ce que prochainement, on ait de nouvelles politiques, de nouveaux engagements des différents acteurs pour soutenir les adolescentes afin qu’elles puissent s’épanouir», a-t-elle déclaré.
Des équipes de recherche sénégalaises ont mené des projets dans dix régions du pays, identifiant les zones où ces problèmes sont les plus préoccupants. L’objectif est d’utiliser ces données pour influencer les politiques publiques et améliorer les interventions existantes.
Le projet a permis la mise en œuvre de diverses initiatives sur le terrain. A Pikine et Tamba, l’association Resopopdev a ciblé les jeunes en situation de handicap avec le projet Jubbanti. Aïcha Kanté, la coordonnatrice du projet, a souligné les résultats obtenus : «On a eu un budget participatif au niveau de Pikine… Il y a une école avec des classes intermédiaires qui prend en compte des adolescents qui sont en situation de handicap.» Le projet a aussi formé des prestataires de services au langage des signes et à l’adaptation des infrastructures, car «des fois, il n’y a pas de rampes pour leur faciliter leur mobilité, mais également par rapport aux besoins, aux produits exactement».
A Kolda, le Centre guidance infantile et familiale (Cegid) a adopté une approche multisectorielle pour assurer la pérennité de ses actions. Boubacar Sané dit Papis Sané, coordonnateur du centre, a expliqué qu’ils ont travaillé avec les autorités étatiques pour que les services continuent après la fin du financement. «La pérennisation est assurée par les services de l’Etat du Sénégal», a-t-il affirmé. Cependant, il a signalé une lacune importante : «Le projet avait une ligne de 50 000 F Cfa qui permettait aujourd’hui quand même la prise en charge médicale des survivants. Et cette ligne n’existe plus.»
Cet atelier rassemble des journalistes des régions de Kolda, Tamba, Matam, Kaffrine et Thiès, avec ceux de Dakar. Le but est de former ces correspondants à mieux traiter ces sujets sensibles, en utilisant les données générées par le programme «Ados» pour des reportages précis.
Par Alioune Badara CISS