Les victimes des démolitions à Tivaouane Peulh sont montées au créneau pour dénoncer la volonté de certains de leur retirer l’autorisation de lotir sur le site de 20 hectares, alors qu’il leur avait été attribué. En Assemblée générale dimanche sur le site, ils ont vertement dénoncé cet abus qu’ils ont mis sur le dos du Gouverneur et d’autres autorités.
Par Alioune Badara NDIAYE

– Alors qu’ils se croyaient au bout de leurs peines, les victimes des démolitions de Tivaouane Peulh ont vite déchanté. La cause, l’autorisation de lotir sur le site de 20 hectares qui leur avait été attribuée a été purement et simplement retirée. En Assemblée générale dimanche sur le site, ils ont vertement dénoncé cet abus qu’ils ont mis sur le dos du Gouverneur et d’autres autorités. «Depuis le 24 août, notre autorisation de lotir se trouve au niveau de la Direction générale de l’urbanisme et de l’architecture dirigée par M. Oumar Sow. Le Gouverneur de Dakar et certaines autorités sont en train d’œuvrer pour le retrait de notre autorisation de lotir», a indiqué Demba Khady Diao, Secrétaire générale du Collectif des victimes. «Des autorités qui vont à contre-courant des décisions de son Excellence le président de la République ! Que le Gouverneur de Dakar nous restitue notre autorisation de lotir», a-t-il poursuivi, assurant qu’aucun motif valable ne leur a été signifié avec ce retrait. «Nous interpellons le Président Macky Sall, car c’est sur ses instructions que nous occupons ce site de 20 hectares», a relevé dans la lancée M. Diao. Selon Sadio Sané, président du collectif, des forces tapies dans l’ombre travaillent pour que le site soit octroyé à la Sipres, ce qu’ils ne vont pas accepter. «Nous demandons à Oumar Sow de poursuivre dans la voie qu’il a engagée. Il a signé l’autorisation de lotir et ne doit pour quelque motif que ce soit reculer devant les pressions», a exhorté M. Sané. «Nous sommes 1796 impactés et il faudra nous passer par le corps pour nous ravir ce site. Ces 20 hectares ont été délimités par les autorités et les services compétents. Nous ne sommes pas venus nous y installer de notre propre chef», a-t-il insisté, rappelant aussi le paiement de leurs impenses, évaluées à 2.5 milliards francs, qui tardent depuis lors. Ce à quoi s’attendent les membres du collectif, c’est une reprise en main du dossier par le président de la République. «Il est temps que le Président Macky Sall reprennent en main le dossier comme il l’avait fait en 2019. Des prédateurs fonciers sont en train de roder autour du titre foncier, rien que pour l’octroyer à d’autres», a dit Sadio Sané.
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