De passage à Dakar pour un accord de partenariat avec la Poste, la co-fondatrice de WorldRemit a pris le temps d’échanger sur les ambitions de son entreprise de transfert d’argent, en ce qui concerne le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest.

Parlez-nous un peu de votre société et de ce qui fait sa particularité…
Nous avons fondé WorldRemit en 2010. Nous étions 3, dont Ismael Ahmed, le Pdg, qui vient de Somaliland. Nous avions eu l’idée de créer un service de transfert d’argent beaucoup plus rapide, fiable et moins cher. Et cela principalement, du fait que, du côté de l’envoi, nous faisons essentiellement du digital. Les personnes vont sur notre site ou téléchargent notre appli, et peuvent faire leurs envois 24h sur 24, sans avoir à se déplacer. On a utilisé une technologie fiable, rapide, mais aussi très sécurisée. Ce qui permet de réduire fortement les coûts par rapport aux concurrents qui étaient un peu plus traditionnels, ont beaucoup d’agences et qui demandent de se déplacer.
Ce qui nous a définis aussi, c’est la technologie du côté de la réception. Très vite, on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de services électroniques, comme le portefeuille mobile, mobile money, dans des nombreux pays, dont le Kenya qui a été le premier avec M-pesa, et on a vu la possibilité d’envoyer directement de l’argent sur le portable, plutôt que les gens aient à se déplacer pour aller chercher des espèces. Avec cela, on s’est vite agrandi, et maintenant on fait des envois dans un peu plus de 34 services dans 26 pays, et on est probablement le leader mondial des transferts internationaux sur portable.

Dans 26 pays, dont combien en Afrique ?
Dont plus de 22 en Afrique, essentiellement l’Afrique de l’Est et en Afrique de l’Ouest, le Ghana. Pour l’instant, dans l’Afrique francophone, les règlementations sont un peu plus différentes pour les transferts internationaux sur portable, mais on espère pouvoir annoncer bientôt qu’on va commencer aussi au Sénégal et dans d’autres pays d’Afrique francophone. On envoie dans à peu près plus de 50 pays, toute l’Europe, le Canada, les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle Zélande… et on envoie dans à peu près plus de 100 pays. Et l’Afrique est très importante pour nous. Plus de 50% de nos envois vont vers l’Afrique. Donc, on a à peu près 2 millions de clients à l’heure actuelle, et notre objectif est d’avoir 10 millions de clients en 2020.

Et votre présence au Sénégal s’explique par…
Notre ambition au Sénégal est de nous trouver de nouveaux partenaires. D’ailleurs, aujourd’hui (hier mardi 6 mars. Ndlr), nous avons annoncé un partenariat avec la Poste…

Qui vient après un partenariat avec Wari et Wafacash…
Oui. Il y a à peu près un demi-million de Sénégalais à l’étranger qui envoient plus de deux milliards de dollars à leur famille. C’est donc un marché important que nous voulons développer. Et pour le développer, il faut bien sûr que nous ayons un réseau important à offrir à nos clients pour qu’ils puissent facilement envoyer leur argent, et c’est ce qui explique les accords que nous passons, d’abord avec Wari et Wafacash. Nous sommes maintenant très ravis d’avoir la Poste, parce qu’elle offre beaucoup de points de vente, répandus aussi bien dans les zones urbaines que le monde rural. Ce qui permettra à beaucoup de Sénégalais d’envoyer de l’argent à leur famille qui ne sont pas dans les grandes villes. De plus, la Poste est bien connue, et c’est une marque de confiance. Ce qui est aussi très important pour une société comme la nôtre qui est encore en train de se développer et de nous faire connaître ici.

Le Sénégal est un marché très concurrentiel en termes de transfert d’argent. Quel est le plus que vous appor­tez pour faire la différence ?
Nous somme la plus importante société de transfert d’argent en ligne de par le monde. Nous voulons donner cette facilité aux envoyeurs. Les gens n’ont pas beaucoup de temps et sont accaparés par leur travail. S’ils ont besoin de trouver une agence ouverte tard le soir, ce n’est pas évident. Parfois, dans certains pays d’envoi, il faut faire des kilomètres pour trouver une agence. Avec nous, pas besoin de se déplacer du tout. On peut le faire le soir, au travail, ou même la nuit, s’il y a une urgence. On peut envoyer son argent sans même se déplacer, ce qui est très important. De plus, on a des frais très concurrentiels, parce qu’on n’a pas un réseau d’agences qui coûte cher à maintenir. Sans parler de l’éventail des produits, parce que l’on ne fait pas que de la collecte d’espèces.
mgueye@lequotidien.sn