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Des lieux où des centaines d’individus âgés de 17 à 42 ans, placés sous haute surveillance et victimes de séquestration, de maltraitance, voire de torture ont été démantelés par la Section de recherches de la gendarmerie. Dans un communiqué, elle précise que ces endroits sont «présentés comme daaras de redressement, tenus par des disciples de Serigne Modou Kara».

La Section de recherches (Sr) de la gendarmerie a démantelé un réseau de vol de scooters, de trafic de chanvre indien et de traite d’êtres humains. Selon un communiqué de la gendarmerie, tout est parti d’un renseignement sur le vol d’un scooter. La descente effectuée a permis de trouver «un lieu de regroupement de plusieurs individus en majorité jeunes, âgés de 17 à 42 ans, placés sous haute surveillance et victimes de séquestration, de maltraitance, voire de torture». Dans le document, la Section de recherches précise que les individus retrouvés «vivent dans des conditions sanitaires déplorables, des endroits présentés comme daaras de redressement, tenus par des disciples de Serigne Modou Kara». Il a été également constaté que «les responsables se font appeler ‘’commandant’’ et ‘’colonel’’». Parlant des victimes de ce trafic, la gendarmerie informe qu’elles souffrent «visiblement de maladies et de malnutrition sévère». D’après le communiqué, «les stigmates des sévices corporels sont visibles sur les corps des victimes, dont certains semblent avoir perdu la raison». Donnant les détails des conditions difficiles dans lesquelles vivent ces individus, la gendarmerie renseigne qu’ils affirment ne manger «qu’un repas par jour et ne se lavent qu’une fois par semaine». Pis, la gendarmerie ajoute que «les témoignages des victimes font état de plusieurs décès durant ces deux dernières années, dont le dernier remonte à trois jours». Concernant ces décès, les gendarmes soutiennent que «des investigations sont en cours». Pour ce qui est des blessés, le communiqué fait savoir qu’ils «ont été secourus et acheminés d’urgence au service de santé de la gendarmerie et à l’hôpital Principal de Dakar par les soins des éléments de la Section de recherches et du médecin chef de la gendarmerie». Parlant des mis en cause, la Sr précise que l’un d’entre eux, «appelé ‘’Ndama géant’’ chez qui il a été retrouvé six paquets de chanvre indien, est allé se réfugier au domicile de Serigne Modou Kara dont le fils, Ahmadou Mbacké, l’a heureusement reconduit à l’unité, suite aux mises en garde du commandant de la Sr».
Revenant sur la procédure ayant conduit au démantèlement de ce réseau, la gendarmerie informe que le 26 novembre, ce sont 18 personnes qui ont été découvertes aux Mamelles sous la garde de quatre geôliers. A la suite de celle-ci, d’autres lieux où de tels actes sont pratiqués ont été trouvés. Ainsi, la gendarmerie renseigne que «le 27 novembre à Guédiawaye, 213 individus dont 7 mineurs séquestrés dans un immeuble R+1 et entassés dans huit chambres ont été libérés de ces lieux de détention». Il en a été de même «le samedi 28 novembre 2020 sur deux autres sites situés à Malika et à la Zone B» où il a été découvert «respectivement 22 et 100 pensionnaires dont une fille âgée de 17ans».
A ce stade, la gendarmerie informe avoir interpellé «au total 43 personnes dont 6 à Ouakam, 13 à Guédiawaye 20 à la Zone B et 4 à Malika». Dans la même veine, elle souligne que «l’enquête se poursuit sous la direction du procureur de la République, précisément sur les faits d’association de malfaiteurs, vol en réunion en temps de nuit, trafic de drogue, traite de personnes et complicité». Par ailleurs, le communiqué souligne que «les documents audiovisuels sont disponibles et feront l’objet d’une diffusion en temps opportun».

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