Transformation du système éducatif : La Cosydep attend toujours les grandes réformes annoncées

La Cosydep recommande au nouveau régime d’engager les réformes envisagées pour transformer le secteur de l’éducation, notamment la refonte profonde des curricula de l’éducation et de la formation, l’intégration des daaras dans le système éducatif, le lancement de la réforme du système d’évaluation certificative (Cfee, Bfem, Bac), entre autres.Par Khady SONKO –
La Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep) a fait le bilan du nouveau régime politique sous le prisme de l’éducation et formulé des recommandations. L’organisation non gouvernementale attend les initiatives annoncées. Il s’agit du lancement du processus de refonte profonde des curricula de l’éducation et de la formation, de l’accélération du processus de digitalisation du secteur pour surmonter la question de l’état civil. Il y a également la généralisation des langues nationales dans les premières années de scolarisation, l’intégration des daaras dans le système éducatif, le lancement de la réforme du système d’évaluation certificative (Cfee, Bfem, Bac) en lien avec la refonte des curricula, le transfert effectif des budgets de fonctionnement des écoles élémentaires publiques.
Au regard du bilan de l’an 1 du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, la Cosydep estime qu’il est urgent de passer à une phase décisive de transformation du système en engageant toutes les grandes réformes envisagées.
Elle recommande, entre autres, de lancer le processus de transformation du système éducatif en opérant sa refonte, prenant en compte les langues nationales, les daaras, l’anglais et le numérique.
L’organisation invite ainsi à partager le plan de résorption des besoins en personnel enseignant, en équipement, en supports, en salles de classe, en finalisant le programme d’urgence de mise à niveau des infrastructures scolaires et celui d’élargissement de la carte scolaire, avec des stratégies de prise en charge des enfants hors école et à besoins spéciaux.
Elle recommande également de renforcer la résilience du secteur en se décidant à augmenter, de manière substantielle, le budget d’investissement qui permet de disposer d’écoles répondant aux normes d’hygiène et d’assainissement, de salubrité et de sécurité. Il s’y ajoute l’accélération de la digitalisation intégrale annoncée comme réforme majeure pour permettre d’enclencher la modernisation du secteur et d’assurer la diligence dans la délivrance des actes relatifs à la gestion des enseignants et à l’état civil dans le secteur.
La Cosydep appelle à garantir la fonctionnalité des cadres de dialogue et de suivi des accords en adressant les questions spécifiques (décisionnaires, classes spéciales, zones vulnérables) qui nécessitent des stratégies spécifiques combinées à une forte volonté politique.
Situation de référence dans le secteur de l’éducation
L’avènement du nouveau régime politique est survenu pendant que le secteur fait face à des défis persistants et récurrents. Il s’agit d’environ 1 million 500 mille enfants encore hors école, 409 mille 789 élèves du préscolaire et de l’élémentaire sans acte de naissance, un déficit de 48 mille 696 salles de classe et de 4 mille 527 enseignants pour l’année scolaire 2024-2025. S’y ajoutent 7 mille 145 abris provisoires recensés à travers le territoire national. D’après la Cosydep, le Sénégal compte 4 millions 441 mille 533 apprenants. 242 mille 463 (5, 5%) sont scolarisés dans des écoles coraniques ou en arabe, 266 mille 649 (6%) au préscolaire, 1 million 955 mille 671 (44%) au primaire. Au cycle moyen, l’on a 767 mille 940 (17%), 377 mille 942 (8, 5%) au secondaire et 223 mille 197 (5%) dans le supérieur.
Selon la Cosydep, les Taux bruts de scolarisation (Tbs) montrent des écarts importants entre les cycles. «81% pour le primaire, 50, 6% pour le moyen et 30, 3% pour le secondaire. Le Tbs au préscolaire reste faible avec 18, 2%», révèle le document de l’organisation non gouvernementale.
D’après elle, la scolarisation est nettement plus élevée en milieu urbain dans tous les cycles. «Au primaire, le Tbs est de 88, 8% en milieu urbain contre 72, 7% en milieu rural. Au secondaire, ce fossé s’élargit encore avec 73, 5% des apprenants en milieu urbain contre seulement 26, 5% en milieu rural. En ce qui concerne l’éducation obligatoire (6-16 ans), 20, 9% des enfants n’ont jamais fréquenté l’école. Ce chiffre grimpe à 28, 7% en milieu rural contre 12, 9% en milieu urbain», renseigne la Cosydep.
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