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Pr Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

Huit jours après la mort de l’étudiant Fallou Sène, ses camarades de l’Ucad étaient en sit-in hier face à la grande porte. Pour mettre fin à leur grève, ils réclament le limogeage du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Mary Teuw Niane, ainsi qu’une rencontre avec le président de la République.

Pas de casse, ni de pneus brûlés encore moins d’échanges de pierres ou de gaz lacrymogènes. Après des jours d’affrontements, les étudiants de l’Ucad ont adouci leur méthode de lutte. Ils se sont donné rendez-vous devant la grande porte de ladite université. «Mary Teuw dégage», «Plus jamais ça», «Na dem» sont les différents messages écrits en rouge sur des feuilles blanches. Les pancartes, si nombreuses qu’elles soient, ne suffisaient pas. Ils y joignaient leur voix. Comme un seul homme, ils chantaient en chœur : «Nous ne voulons plus de notre ministre de tutelle.» Foulard rouge sur la tête ou sur les poignets, les nombreux étudiants, mains en l’air, maintiennent le rythme : «Nous disons non à l’injustice.» Le temps passe, la passion monte, la tension aussi. «Toute l’Ucad est là, unie pour réclamer justice à la mémoire de notre camarade Mouhamadou Fallou Sène. Nous menons le combat à notre manière et exigeons la prise en charge des sept blessés. Nous sommes à l’université pour étudier, mais pas pour qu’on nous tue. Il faut aussi une évaluation des réformes de l’enseignement supérieur», déclare le porte-parole Franck Dady Diatta.
Tout le contenu de son discours n’est pas partagé par ses camarades. La plupart lui reprochent d’«avoir omis la revendication relative au départ du ministre Mary Teuw Niane». Ensemble, au milieu du rond-point, ils continuent leur déclamation. Pantalon noir, tee-shirt rouge, Ousmane Diop se pose des questions : «Sans doute pour des raisons politiques, il n’a pas voulu revendiquer le départ du ministre Mary Teuw Niane. Mais l’un des points de notre plateforme revendicative est le changement de ministre. C’est l’exigence de tous.» Même son de cloche chez Saliou Samb. Le visage sévère et suant, sur un ton violent, l’étudiant en Master à la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) peste devant les caméras : «N’écoutez personne d’autres, nous portons la voix des étudiants ! Certains ne sont mus que par leurs intérêts crypto-personnels. Nous sommes dans la rue aujourd’hui pour réclamer le départ de notre ministre de tutelle. Depuis qu’il est à la tête de ce département, il y a eu 2 morts. Donc, il est temps qu’il s’en aille.»

Un face-à-face avec le chef de l’Etat exigé
Huit jours après le décès de Fallou Sène, ses camarades de l’Ucad ne sont pas près de céder. Après avoir décrété une grève illimitée, ils posent comme condition une rencontre avec le président de la République Macky Sall. «Nous ne voulons pas d’intermédiaire. Nous voulons en discuter avec le chef de l’Etat. Face to face, nous ne dialoguerons avec personne d’autre. Pour y arriver, nous avons opté pour la voie pacifique», révèle Franck Dady Diatta. Pour Ousmane Mbaye, étudiant au département d’Anglais, c’est au chef de l’Etat de sauver le reste de l’année académique en acceptant de s’entretenir avec les étudiants. D’ores et déjà, il émet ses préoccupations : «L’Etat doit aussi revoir la gestion de nos bourses, car les retards notés dans le paiement sont inacceptables. C’est de cette allocation que nous vivons.»
Stagiaire

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