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Le «marché Cedeao», en construction depuis 2015, est délabré alors qu’il n’est pas encore réceptionné. Des produits comme le café, l’huile de palme et certains fruits et légumes importés de la République de Guinée sont introuvables au marché de Diaobé. Le ministre du Commerce et des petites et moyennes entreprises, Aminata Assome Diatta, a fait le constat hier, à l’occasion d’une visite au marché de Diaobé, département de Vélingara. La Cedeao est en panne dans ce marché.

Favoriser l’intégration des peuples dans l’espace sous régional, augmenter les flux commerciaux et sécuriser la mobilité des personnes et des biens sont entres autres les résultats attendus du traité de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sur la libre circulation des biens et des personnes. Malheureusement, depuis mars 2019, les biens et les personnes ne parviennent plus librement à Diaobé en provenance de la Guinée Conakry. Résultats des courses, son marché hebdomadaire, dont les plus gros clients sont les Guinéens, ne fait plus le plein. Pis, des marchandises dont le commerce au Sénégal était presque l’exclusivité de Diaobé sont introuvables dans ce haut lieu d’échanges sous régional.
Le ministre du Commerce et des petites et moyennes entreprises, Aminata Assome Diatta, en visite dans ce marché du département de Vélingara (sud du Sénégal), en a fait le constat avant d’en être briefé par les acteurs. Talla Guèye, délégué des commerçants, a plaidé devant le ministre : «Depuis la fermeture de la frontière avec la Guinée, le marché de Diaobé n’est que l’ombre de lui-même. Sans les Guinéens et leurs produits, le marché est multiplié par zéro. Il y a des produits qui sont l’exclusivité de ce marché : il s’agit de l’huile de palme, du café touba, de certains fruits et légumes. Ils sont maintenant introuvables dans le marché. Le lieu qui jadis faisait le plein les 3 jours de marché est maintenant clairsemé. Il faut nous aider à rouvrir les frontières ou trouver une solution pour la circulation des marchandises.» Issaga Diallo, un autre commerçant, a renchéri de manière synthétique : «Mme le ministre, nos doléances sont celles-ci : ouverture de la frontière avec la Guinée pour nous permettre d’exercer notre métier dans ce marché, accès aux financements de l’Etat, renforcement de la sécurité dans le département et réorganisation du marché.»
Le maire de la commune de Diaobé a prié le ministre Assome Diatta de faire le plaidoyer au sein du gouvernement pour le bitumage des axes routiers qui relient Diaobé aux deux Guinées pour une meilleure fluidité de la circulation, surtout pendant la saison pluvieuse.
Le ministre du Commerce, qui a informé être en tournée nationale pour voir l’état d’exécution des marchés dans le cadre du Programme de modernisation des marchés, a rassuré les commerçants de sa volonté d’aider Diaobé à rester ce grand marché sous régional. Elle a notamment déclaré : «Pour l’importation des marchandises de la Guinée, je vais discuter avec mon homologue de ce pays pour en étudier la faisabilité. Ce ne doit pas être compliqué puisque ce sont leurs produits qui sont écoulés ici. Pour les autres questions, j’en discuterai avec mes collègues des autres départements ministériels compétents.»

Le «marché Cedeao» délabré avant réception
La première étape de la visite du ministre du Commerce a été le «marché Cedeao», en construction depuis 2015. Moussa Diao, maire de la commune de Diaobé/Kabendou, a signalé : «Ce complexe commercial est composé, à l’état actuel, de 200 cantines, 8 gros magasins d’une surface chacun de 30m sur 20m et d’un bloc administratif. A terme, ce site de 10 ha devra abriter une auberge et des gares pour les gros porteurs et les petits véhicules. Le tout, pour un coût global initial de 1 milliard 200 millions de francs Cfa, dont une partie devait être donnée par la Cedeao, avait affirmé le directeur de l’Autorité de régulation des marchés, M. Sy».
C’est le constat d’un grand gâchis qui s’offrait aux yeux des visiteurs. Alors que le chantier n’est pas réceptionné, les portes des magasins et cantines s’ouvrent difficilement, grippées par la rouille et dont des parties se détachent. Presque tous les bâtiments suintent, les traces d’eau de pluie sont toujours visibles sur les murs. Le plafond ainsi que le plancher présentent des nids de poule par endroits. La peinture complètement défraîchie.
Selon des informations reçues, l’Etat n’a pas fini de verser à l’entreprise la somme qui équivaut au niveau d’exécution des travaux, comme prévu dans le contrat. Et la Cedeao n’aurait pas non plus respecté sa part d’engagement financier. Depuis 2018, le chantier est à l’arrêt, faute d’argent. Mme le ministre a promis de convoquer tous les entrepreneurs bénéficiaires de parts de marché dans le cadre du Programme de modernisation des marchés, pour situer les problèmes et les responsabilités. «Après nos travaux, nous rendrons compte au chef de l’Etat», a indiqué Mme Diatta.

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