Alerte – Prévalence du diabète : 3, 4% chez les 18 et 19 ans

En prélude à la Journée mondiale du diabète qui aura lieu le 14 novembre prochain, Assad a organisé une conférence de presse pour montrer l’ampleur du diabète et sensibiliser sur les effets de cette pandémie. La prévention est le maître-mot pour réduire la progression de la maladie. Par Justin GOMIS –
Les taux et les prévisions du diabète dans le monde en Afrique subsaharienne et au Sénégal suscitent beaucoup d’inquiétudes. Cette affection répandue dans le monde a atteint des proportions inquiétantes. «Il y a à peu près 540 millions de diabétiques dans le monde. Si rien n’est pas fait, ce seront 640 millions en 2030 et 780 millions en 2045», informe Pr Abdoulaye Lèye, directeur de l’Institut de la prévoyance des centres médicaux sociaux.
Malheureusement, révèle-t-il, «moins d’1% de toutes les ressources financières destinées aux dépenses de maladies, de santé est consacré à cette pathologie en Afrique». Alors que c’est une pathologie très coûteuse sur tous les plans, mais qui ne draine qu’une infime partie des ressources financières.
Sensibilisation pour arrêter les ravages
Concernant le Sénégal, les données sont aussi inquiétantes. En se fondant sur l’enquête Steps de 2016, les statistiques montrent pour une population entre 18 et 19 ans, une prévalence de 3, 4%. «Mais, cette prévalence montait autour de 7, 9% dès l’instant qu’on dépassait la tranche l’âge des plus de 45 ans.» «C’est une affection liée à la maladie et à l’âge. Le plus important, c’est de savoir que c’est une affection qui est là et qui est en nette progression», précise Pr Lèye.
En guise d’illustration, «chacun connaît dans sa famille un patient qui est diabétique ou quelqu’un dans des circonstances d’une autre maladie se retrouve avec une histoire de maladie associée au diabète», dit-il. Et mieux, les structures de soin, surtout dédiées à la prise en charge du diabète, sont débordées depuis longtemps.
En atteste le taux de fréquentation, de diagnostic de nouveaux cas au centre Marc Sankalé du centre de santé Abass Ndao. De l’avis de Pr Maïmouna Ndour Mbaye, directrice du centre anti-diabétique Marc Sankalé du centre Abass Ndao, c’est un véritable problème de santé publique dans le pays. Il est même une pandémie, à la limite une épidémie. «C’est la première fois pour une maladie chronique non transmissible, qui n’est pas contagieuse dont l’ascension fulgurante fait qu’on est obligé de parler d’épidémie mondiale», dit-elle.
La gravité de cette maladie, poursuit-elle, est liée aux risques de complication. «Ce sont les comas diabétiques, les infections (taux de sucre élevé), les complications chroniques de la maladie qui peuvent évoluer de manière silencieuse et atteindre certaines parties du corps comme les yeux», ajoute Pr Mbaye.
D’après elle, le diabète est la première cause de cécité dans le monde, et dans les pays de l’Afrique subsaharienne, elle est la 2e cause après certaines maladies infectieuses qui touchent les yeux.
A en croire toujours la directrice du Centre Marc Sankalé, le diabète est la première cause d’insuffisance rénale. «Si vous allez dans un centre où on prend en charge des insuffisants rénaux, vous verrez que le plus grand nombre de patients souffrent d’un diabète ou d’une hypertension artérielle», remarque-t-elle. Il peut aussi atteindre le cœur, en provoquant un arrêt cardiaque, et les vaisseaux. Il est la première cause des amputations des membres inférieurs. «70% des amputations non traumatiques ont pour cause un diabète», selon une étude qui a été faite au Sénégal, rappelle Pr Maïmouna Ndour Mbaye.
Aujourd’hui, elle conseille plus de sensibilisation sur cette maladie, notamment lors la Journée mondiale du diabète, prévue le 14 novembre. Pr Maïmouna Ndour Mbaye demande de concentrer la lutte contre l’obésité, la tension artérielle, l’excès de cholestérol. Mamadou Moustapha Diop, directeur de la Maladie au ministère de la Santé, insiste sur les stratégies mises en place par l’Etat : «La création d’une division qui s’occupe uniquement des maladies non transmissibles, la mise en place d’un comité national multisectoriel de lutte contre les maladies non transmissibles et contre le diabète, l’élaboration d’un plan de lutte contre les maladies non transmissibles. Depuis 2021, il a été lancé le plan d’accélération de la lutte contre les maladies non transmissibles pour réduire l’ampleur de cette maladie d’ici les trois prochaines années.»
justin@lequotidien.sn