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Premier tournoi international de football organisé depuis le début de la pandémie du Covid-19, le Chan 2021 est très observé dans la capacité de la Caf à faire face à la crise sanitaire. Mais les mesures qui semblent efficaces aujourd’hui pourront-elles être encore d’actualité dans un an avec la Can ?

Fin du match Rd Congo-Congo Brazzaville (1-0). L’entraîneur des Léopards victorieux, Florent Ibenge, répond aux questions des journalistes en zone d’interview. Il parle, son masque est en train de descendre et libère son nez, puis sa bouche. Le masque est aussitôt remonté par le superviseur de la Caf.
Comme avec un précédent joueur congolais, le responsable de la Caf est obligé de s’y prendre à deux fois pour faire respecter le (bon) port de cette protection dans l’enceinte du stade. Peine perdue, quatre jours après le sélectionneur des Léopards est testé positif au Covid-19.
La Caf applique son strict règlement, Ibenge est isolé et ne sera pas sur le banc face à la Libye pour la deuxième journée du Chan.
La Caf se sait observée par le monde. Elle a suffisamment rappelé qu’elle était la première Confédération à organiser un tournoi de football ouvert au public depuis le début de la pandémie du Covid-19. La pression de bien faire et surtout que cette compétition ne débouche pas sur un fiasco sanitaire est bien présente.

Dans les rues de Douala, le port du masque n’est pas obligatoire
Au-delà du protocole sanitaire mise en place par l’Etat camerounais à l’entrée du territoire (test PCR négatif à présenter ainsi qu’un test antigénique à faire à la sortie de l’avion), la Caf a mis en place de grandes mesures sanitaires. Les officiels, joueurs et journalistes doivent effectuer un test PCR toutes les 72h. A l’entrée des stades, c’est port du masque obligatoire, distance entre les sièges, distribution de gel hydro-alcoolique, prise de température, etc.
«Il faut reconnaître que les mesures prises pour cette compétition sont plus rassurantes que ce qui se passe dans les rues et les marchés, où le port du masque n’est pas généralisé, admet même le ministre des Sports camerounais, Narcisse Mouellé. Pour le Chan, nous sommes à un niveau supérieur à ce que l’on peut observer dans le comportement des citoyens.»

Baffoe : «Nous ne contrôlons pas le Covid, c’est le Covid qui nous contrôle»
Dans les rues de Yaoundé et de Douala en effet, le masque est très facultatif. «On prend plus de risques dans la rue car le masque n’est pas obligatoire. Au stade, je pense qu’on est même davantage en sécurité», reconnaissait une supportrice des Lions Indomptables.
Où en sera-t-on dans un an avec l’épidémie ? La gestion sociale pourra-t-elle être en adéquation avec la Can 2021, compétition d’une autre envergure ? Au Chan 2020, peu de supporters étrangers ont fait le déplacement. Il faudra attendre un gros contingent dans un an avec un tournoi qui va se jouer avec 24 équipes.
La problématique des joueurs professionnels, dont la plupart évolue en Europe, continent très touché par la pandémie, devra être prise en compte également, comme l’arrivée de nombreuses nationalités venant de toute la planète.
Le Chan 2021 sera-t-il un test efficace pour relever les défis de la Can 2022 ? Anthony Baffoe, le Secrétaire général-adjoint de la Caf, chargé du football et du développement, se garde d’être affirmatif. «Nous ne contrôlons pas le Covid, c’est le Covid qui nous contrôle. Après le Chan, il va y avoir les compétitions inter-clubs qu’il faudra également gérer. On se réunit chaque jour pour trouver la meilleure façon de se protéger.»
Rfi.fr

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