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Pour préserver son honneur, la jeune fille, Ndathé Diané, qui a contracté une grossesse avant le mariage, a choisi de mettre un terme aux jours de son nouveau-né après avoir dissimulé sa grossesse à son voisinage avec la complicité de sa mère, Ami Collé Guèye. Ce mardi, la mère et sa fille comparaissaient pour infanticide et leur acolyte, Mamady Baldé, pour inhumation sans autorisation. Les femmes encourent 5 ans de prison ferme et leur co-accusé 2 mois ferme. Ils seront édifiés sur leur sort le 2 mars prochain.

Certaines femmes vendraient tous leurs biens pour avoir un enfant. Mais d’autres pour qui la sacralité de la vie n’a aucun effet, s’offrent même le luxe de tuer ces pauvres innocents. Les faits, qui valent à Ndathé Diané sa comparution devant la chambre criminelle, se sont produits à Diamniadio dans la nuit du 9 au 10 octobre 2017. La jeune fille, Ndathé Diané, âgée de 20 ans, venait de mettre au monde un garçon en présence de sa mère. Après la délivrance, Ami Collé Guèye et sa fille ont décidé d’abréger les jours  de cet enfant issu d’une relation hors mariage. Après leur crime, elles ont appelé le père de l’enfant pour lui annoncer la mort du nouveau-né.
Mais, ce qui est surprenant  dans cette affaire, c’est l’attitude de l’auteur de cette grossesse, Mamady Baldé, qui a lui-même procédé à l’enterrement de l’enfant en présence de la mère de sa petite amie. Malheureusement, un voisin qui les suivait les a dénoncés à la gendarmerie.
Arrêtée, Ndaté Diané a fait l’objet d’une consultation à l’issue de laquelle le certificat médical a confirmé un accouchement récent. Mais comme elle ne voulait pas payer seule cet acte, elle a dénoncé sa mère comme étant sa complice qui l’aurait aidée à dissimuler sa grossesse. Pour leur gouverne, elles ont déclaré devant les limiers que l’enfant était mort-né.
Ce mardi, devant la barre de la Chambre criminelle où elles comparaissaient pour infanticide, Ndathé Diané a déclaré avoir découvert sa grossesse qu’après 3 mois. «On ne voulait pas que cette affaire s’ébruite. C’est pourquoi je ne suis jamais allée faire des visites prénatales. Personne n’était au courant de ma grossesse  dans la maison. Seule ma maman et mon petit ami le savaient. J’ai accouché seule dans la chambre. L’enfant est sorti d’un coup avec le cordon ombilical que je n’ai pas coupé. Ma mère est tombée au hasard sur la naissance de mon garçon mort-né au retour d’une cérémonie vers 22 heures. Elle a appelé mon petit ami pour lui annoncer le décès de l’enfant. Et le lendemain, il l’a enterré dans la maison», a expliqué mademoiselle Diané. Pourtant à l’enquête préliminaire, elle avait déclaré que sa mère l’avait assistée au moment de l’accouchement.
Mais cette dernière prétend avoir découvert la grossesse de sa fille  à son 7ème mois. Elle  reconnaît cependant l’avoir aidée à dissimuler la grossesse, mais nie avoir participé à l’infanticide. «Je n’étais même pas au courant que Mamady Baldé l’a enterré dans la maison. C’est à l’enquête que je l’ai su», dit-elle.
Mais le père de l’enfant s’inscrit en faux contre de telles déclarations. «Ce jour-là, elle m’a appelé pour me dire que sa fille et mon fils vont bien. 30 minutes après, elle m’a rappelé pour m’informer du décès de mon enfant que j’ai enterré en suivant ses ordres», dit-il.
La sage-femme qui a comparu en tant que témoin enfonce le clou. Elle soutient que la fille Ndathé Diané l’a suppliée de dire aux pandores qu’elle était vierge. C’est après qu’elle a découvert que la demoiselle venait d’accoucher.
Aux yeux du maître des poursuites, les accusées avaient la volonté d’ôter la vie du nouveau-né. Elles avaient caché la grossesse et l’accouchement à leur entourage, fait remarquer le représentant du Parquet, en soulignant qu’elles ont avancé plusieurs versions durant toute la procédure. Convaincu qu’il y a de la mauvaise foi, il a requis 5 ans de travaux forcés pour les accusées et 2 mois ferme pour Mamady Baldé.
Pour l’avocat de la défense, sa cliente craignait les représailles en ce sens que son beau-père veille sur leur comportement. C’est ce qui explique le fait qu’elles ont caché la grossesse. La défense a sollicité l’acquittement. La décision sera rendue le 2 mars prochain.

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