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Le réalisateur malien Sou­leymane Cissé, double lauréat de l’Etalon d’or de Yennenga, a invité vendredi les jeunes cinéastes à lutter contre le «mépris» dont le 7e art est aujourd’hui l’objet. S’exprimant lors d’un master-class (cours de perfectionnement), à l’occasion de la troisième édition du Festival Dakar court, il a reconnu le talent «extraordinaire» des jeunes réalisateurs dont Toumani Sangaré, Alain Gomis, Mati Diop, Ladji Ly et Moly Kane, qu’il invite à travailler davantage pour mettre fin à la «discrimination» dont «les films africains» sont l’objet. «Ils ont une chance extraordinaire, il faut qu’ils la saisissent pour porter plus haut le cinéma africain. Toumani Sangaré, Alain Gomis, c’est extraordinaire. Ladji Ly, Mati Diop, Moly Kane, entre autres, sont des jeunes qui ont du talent. Il faut qu’ils fassent avancer le cinéma pour que, durant les compétitions, on dise plus que tel film est un film africain», a dit le réalisateur de Yeelen (La lumière), Prix spécial du jury du Festival de Cannes en 1987. Souleymane Cissé, deux fois lauréat de l’Etalon de Yennenga, la plus haute distinction du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, estime que «cette discrimination envers les films africains existe toujours, et seul les (cinéastes)] d’aujourd’hui peuvent» y mettre fin. Le combat a été mené dans les années 80 par Sembène Ousmane (1923-2007) et sa génération, selon Cissé qui appelle les jeunes cinéastes à prendre le relais. «Nous sommes arrivés à rehausser le niveau du cinéma africain (…) Il faut que ça aille jusqu’au bout, il ne faut pas qu’ils (les jeunes cinéastes) relâchent. C’est ce que je demande aux jeunes», a-t-il ajouté. «Il y a eu un peu de mépris sur nos films (…) Les gens ne laisseront pas durer ce mépris. C’est à nous de le combattre, c’est le devoir de la nouvelle génération», a insisté Souleymane Cissé, rappelant qu’au Festival de Cannes, auquel il participait avec le film Yeelen, il lui a été demandé «comment un nègre pouvait être là».
S’adressant encore aux jeunes cinéastes, le réalisateur de Baara (Le travail, 1978) estime qu’ils doivent savoir que «le cinéma n’est pas facile comme ils le pensent». «C’est difficile, c’est complexe, il faut l’aimer passionnément.» Souleymane Cissé, 80 ans, doyen des ci­néastes africains, estime que les jeunes ont une «chance extraordinaire, inouïe», pour avoir fait des études supérieures. Parlant des nombreuses récompenses qu’il a obtenues et de sa carrière, Souleymane Cissé affirme qu’il n’a jamais cherché un prix. «Ce qui est important, c’est de faire ce que l’on aime. Les prix ne doivent pas être le moteur d’un film», a-t-il dit.
Aps

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