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L’opposant russe avait décollé de Berlin, où il était en convalescence depuis son empoisonnement. 37 de ses alliés ont également été arrêtés à l’aéroport.

Le retour de Alexeï Navalny en Russie ne manque pas de faire parler. Le principal opposant au Kremlin est arrivé ce dimanche 17 janvier à Moscou, où les services pénitentiaires russes ont confirmé son arrestation, après que son avion a atterri. Alors qu’il devait initialement atterrir à l’aéroport Vnoukovo de Moscou, l’avion le transportant a finalement été dérouté vers celui de Cheremetièvo et s’est posé à 20h 12 (17h 12 Gmt), près de trois heures après avoir quitté Berlin, selon des journalistes de l’Agence France-Presse. Selon un communiqué du Fsin, Alexeï Navalny «restera en détention jusqu’à la décision du Tribunal» sur son cas.
En montant à bord aux côtés de sa femme Ioulia, Alexeï Navalny avait dit être «très heureux» de revenir et assuré «n’avoir rien à craindre en Russie». «Je suis certain que tout va bien se passer. On va m’arrêter ? Ce n’est pas possible, je suis innocent», a-t-il lancé, avant d’ajouter : «En Allemagne, c’était bien, mais rentrer à la maison c’est toujours mieux.» Plus tôt dans l’après-midi, la police russe a interpellé la plupart de ses alliés venus l’accueillir, a annoncé un collaborateur de l’opposant. «Lioubov Sobol, Rouslan Chaveddinov, Ilia Pakhomov, le juriste Alexeï Molokoïedov, l’assistant de Navalny Ilia Pakhomov, la directrice de campagne Anastasia Kadetova et Kons­tantin Kotov ont été arrêtés», a indiqué sur Twitter Ivan Jdanov, l’un des plus proches collaborateurs de Alexeï Navalny.
Les alliés de Navalny sont accusés de «désobéissance» envers la police, a précisé sur Twitter un proche collaborateur, Ivan Jdanov. Selon l’Ong spécialisée Ovd-Info, 37 personnes au total ont été arrêtées dimanche à Moscou avant l’arrivée de Alexeï Navalny.
Depuis que le pire ennemi du Président Vladimir Poutine a annoncé mercredi son intention de rentrer, les services pénitentiaires russes (Fsin) l’ont mis en garde et assuré qu’ils seraient «obligés» de l’arrêter pour avoir violé les conditions d’une peine de prison avec sursis à laquelle il a été condamné en 2014.

Tombé dans le coma en août
Le chef de file de l’opposition russe était subitement tombé dans le coma en août, alors qu’il revenait d’une tournée électorale en Sibérie. D’abord hospitalisé à Omsk, il avait finalement été évacué vers un hôpital berlinois sous la pression de ses proches. Trois laboratoires européens ont depuis conclu que l’opposant avait été empoisonné par un agent innervant de type Novitchok, développé à l’époque soviétique à des fins militaires, conclusion confirmée par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (Oiac), malgré les dénégations de Moscou. L’opposant accuse les services spéciaux russes (Fsb) d’avoir tenté de l’assassiner sur ordre direct de Vladimir Poutine.
Les autorités russes ont, elles, mis en cause les services secrets occidentaux, ou l’hygiène de vie de Alexeï Navalny, refusant d’ouvrir une enquête, arguant notamment du refus de l’Allemagne de transmettre ses données à la Russie.
S’il est largement ignoré des médias nationaux, non représenté au Parlement et inéligible, Alexeï Navalny reste la principale voix de l’opposition en partie grâce à sa chaîne YouTube aux 4,8 millions abonnés et son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption (Fbk), dénonçant la corruption des élites.
Sa notoriété en Russie reste toutefois limitée en dehors des grandes agglomérations, un sondage du centre indépendant Levada en septembre révélant ainsi que seulement 20% des Russes approuvaient ses ac­tions.
Le Point et Rfi

 

 

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