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La ville est «sous le contrôle total de la Minusca» et les rebelles «ont abandonné les positions qu’ils occupaient (depuis le 3 janvier) et fui la ville dans la nuit de vendredi à samedi» après avoir reçu un ultimatum de l’Onu, a déclaré samedi soir Vladimir Monteiro, porte-parole de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca).
La force de l’Onu «reste en alerte pour prévenir toute action des groupes armés visant la population civile, l’autorité de l’Etat et les Casques bleus ou le retour des rebelles dans la ville», a-t-il souligné.
«Des incidents impliquant des tentatives de pillages ont eu lieu dans la soirée et le matin (vendredi et samedi, Ndlr), et la force est intervenue pour y mettre fin. La situation est calme et sous contrôle, et les positions initialement occupées par les éléments armés ne le sont plus», a déclaré le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Fall, porte-parole de la composante militaire de la Minusca.
«Le pillage de la ville de Bangassou par les rebelles (…) avant leur retrait à l’arrivée des renforts constitués des éléments du contingent rwandais de la Minusca est révélateur d’un des objectifs de ces mercenaires étrangers : piller nos richesses et les biens de notre Peuple», a fustigé sur Facebook le Premier ministre centrafricain, Firmin Ngrebada.
Le 17 décembre, les six plus puissants des groupes armés qui occupaient les deux-tiers de la Centrafrique se sont alliés au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (Cpc), puis ont annoncé le 19, huit jours avant les élections présidentielle et législatives, une offensive dans le but d’empêcher la réélection du Président Touadéra.
Ils se sont jusqu’alors heurtés à des forces bien supérieures en nombre et lourdement équipées – l’Armée centrafricaine, la Minusca, déployée depuis 2014 et forte de près de 12 mille soldats, et des centaines de militaires rwandais et de paramilitaires russes dépêchés par leurs pays, au début de l’offensive rebelle, à la rescousse de Faustin-Archange Touadéra.
Ce dernier a été déclaré réélu, mais à l’issue d’un scrutin pour lequel moins d’un électeur inscrit sur deux a pu se rendre dans les bureaux de vote en raison de l’insécurité dans tout le pays, en dehors de Bangui. Ce que l’opposition invoque pour réclamer l’annulation de la Présidentielle, en plus de «frau­des massives», selon elle. La Cour constitutionnelle doit valider ou rejeter le résultat de l’élection d’ici le 19 janvier.
Après l’offensive des groupes armés, de nombreux habitants de Bangassou s’étaient réfugiés en Rdc. «C’est une grande joie», a déclaré Juan Jose Aguirre, évêque de Bangassou, à la suite de la reprise de la ville par la Minusca. «Après treize jours à dormir à la belle étoile, les gens vont pouvoir rentrer chez eux», a-t-il ajouté.
Lors de l’attaque de Ban­gassou – la cinquième ville de Centrafrique avec environ 30 mille habitants -, «les corps de cinq éléments armés ont été retrouvés», avait tweeté la Minusca, sans plus de précisions. Une quinzaine de blessés avaient été transportés par Médecins sans frontières.
Jeune Afrique

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